Razina la sage sultane

Nezha Lakhal-Chevé et Anne Buguet

Editions Afrique Orient, collection Tiara Jeunesse

Le coup de foudre ne prévient pas. C’est ce qui arrive au prince Mahmoud quand il rencontre par hasard Razina.

Mahmoud c’est un prince avec tout le décorum : classe, richesse, palais, parents. Comme c’est aussi un humain, un jour après une longue chasse il demande à une jeune femme un peu d’eau. La jeune femme (Razina, vous l’aurez compris) lui tend une outre et ce faisant, comme elle est très belle, elle entre dans le cœur du prince.

Mahmoud, le cœur échauffé, lui fait une demande en mariage (clac comme ça, là tout de suite). Razina, avant de lui répondre, voudrait savoir quel est son métier. Le prince lui répond qu’il est prince et que cela lui suffit bien. Razina, qui n’est pas princesse et qui ne manque pas de bon sens, lui fait cette réponse :

Mahmoud ne s’attendait pas à ça. Mais tant qu’à être sincèrement amoureux, autant que ça en vaille la peine : il décide d’apprendre le métier de tisserand. Au bout d’un an et un tapis plus tard, Mahmoud offre ce dernier à Razina et le mariage peut enfin être célébré.

S’écoulent quelques années paisibles quand Mahmoud devient sultan. Soucieux de connaître son pays, il part en tournée avec son vizir. Dans un village, ils tombent dans un piège et se retrouvent prisonniers d’un brigand. S’ils ne travaillent pas, ils seront tués, tout simplement. Mahmoud retrouve rapidement le tisserand qui est en lui. N’ayant pas révélé son identité, il envoie le brigand vendre le tapis auprès de la sultane Razina. Fine mouche, elle arrivera à confondre le brigand et sauvera son époux (c’est beau l’amour).

Moralité : c’est bien d’être capable de fabriquer quelque-chose de ses dix doigts ! Si un statut social est éphémère, le savoir-faire gagne ici es lettres de noblesse. La leçon est plaisante : le vent peut changer mais quand on a un vrai métier, on retombe toujours sur ses pieds. (C’est curieux, cela me rappelle beaucoup de faits divers sur fond de spéculation, scandale et descente sociale vertigineuse…)

Razina nous donne une autre leçon : la gestion du coup de foudre. Elle aurait pu accepter la demande de Mahmoud illico presto et à l’issu de l’histoire, elle aurait été veuve. Fin de l’histoire. Elle a choisi une autre option : les papillons dans l’estomac, l’attirance réciproque c’est passager. Les vrais sentiments demandent plus d’investissement. Il a joué le jeu Mahmoud : il a pris le temps d’éprouver ses sentiments en accédant à la demande de sa belle. Sincère gage d’attachement, n’est-ce pas ?

C’est une histoire belle à lire et à raconter à haute voix. C’est qu’elle a quand même été écrite par la conteuse franco-marocaine Nezha Lakhal-Chevé. Le rythme de l’histoire varie en fonction des péripéties : oh c’est déjà fini ! Pour accompagner cette belle histoire orientale, Anne Buguet nous offre de délicates illustrations orientales, entre représentation à la japonaise et ambiance mauresque : on plonge dans cette ambiance qui sent bon le thé à la menthe.

Avec cette histoire, je vous souhaite un bon voyage !

A partir de cinq ans

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