Petite mer

Marie Colot et Manuela Ferry

Éditions du Pourquoi Pas

Vous vous rappelez de ce passage dans  Harry Potter à l’école des sorciers (livre ou film), quand il échange au zoo quelques mots avec un python?

Et ce moment merveilleux où il lui rend sa liberté en faisant tout bonnement disparaître la vitre de la cage ?

La grosse baleine et la petite fille…le paradoxe est posé, dès le titre qui associe « petite » à la mer (qui appellerait logiquement la notion d’immensité).

Immensité ?

Plaît-il ? N’y aurait-il pas comme un problème. Le livre s’ouvre sur un aquarium…

C’est l’histoire de l’arnaque totale que les hommes font subir aux animaux quand ils les enferment dans des espaces aux antipodes leur milieu naturel.

L’enfant regarde une baleine qui nage avec son âme en peine.

Les larmes du cétacé se diluent dans l’eau froide de son bassin.

La fillette s’approche, tend l’oreille, écoute les confidences de l’animal.

Quelques secondes d’attention précieuses données avec une simplicité capitale pour l’animal.

La baleine raconte à l’enfant l’océan, la liberté, son chagrin tel une faille sans fond.

L’enfant comprend alors toute l’absurdité cruelle de la captivité. Exit la candeur. Bonjour la stupeur et, il faut bien le dire, l’horreur.

Que faire de la liberté qui consiste à être de l’autre côté de la vitre ?

C’est que l’enfant est bien petite…

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » dit le proverbe. 

Quelle valeur donner à notre liberté quand se niche dans notre mémoire le désarroi de l’animal captif ? Ne devient-pas prisonnier par procuration quand l’empathie arrive dans la partie ?

J’ignore quelle intention se manifeste derrière le fait de maintenir derrière des parois des animaux si loin de leur milieu naturel.

Protection mal placée ? (l’enfer en est pavé…)

Orgueil de tenir sous coupe un animal de grande taille ? (hum…)

Appât du gain ? (c’est certain !)

Marie Colot met avec poésie son grain de sel sur la polémique des animaux sauvages captifs de zoo ou autres lieux de spectacle. Manuela Ferry érafle la vitre, convoque avec couleur les embruns du large, les astres et les grands fonds. Il y a bien un horizon au-delà de la détention.

Voici venue la fin du temps des rires et de la fascination pour les sauts et les numéros des animaux. Une nouvelle ère commence : celle où les enfants prennent la main des grands en leur disant : faisons quelque-chose !

Voici un petit album auquel je souhaite de voguer le plus loin possible ! C’est sur les flots que mère et fille viennent à la rencontre de leur amie. Les enfants, alias les parents de demain…La transmission sur un bateau de l’enfant devenue mère conclue l’ouvrage mais l’histoire, elle, ne finit pas…bien au contraire. Elle continue là où le chant des baleines répond à l’écho des vagues et du vent.

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