Le chant du séquoia

Nathalie et Yves-Marie Clément pour le texte

Emma Guinot pour les illustrations

Éditions du Pourquoi Pas

Dans ces pages, un chant, plusieurs chants d’où l’on reçoit la musique de la terre, la complainte du vivant, l’agonie des espèces sacrifiées sur l’autel de la cupidité.

Des voix s’élèvent, transcendant les époques, se répondant dans un écho défiant l’espace-temps.

Un chant d’enfant et un témoignage d’aïeule se rejoignent et percutent l’Histoire d’aujourd’hui dans un souffle encore vital.

Dans ces pages, l’agonie des peuples autochtones éclate, claque et saute à la face d’un lecteur médusé devant la violence de l’oubli. Comme il est facile de rendre les choses invisibles, surtout quand elles perturbent la logique implacable du profit. La détresse de la biodiversité hoquète péniblement, retrouvant un souffle quand un enfant se dresse devant une assemblée. Il porte en lui les regards de la faune, les rugissements de la rivière, la rugosité des écorces, les effluves de la terre…

Les récits s’alternent. Pour l’un, le chemin est à venir. Pour l’autre, après une vie à témoigner et militer, il reste assez de force pour partager le dramatique de son histoire avec les jeunes générations. Voilà qui bouscule… Et interroge… Quoi de plus effrayant que l’oubli ?

A côté de Parker le descendant Cherokee se tient Maria Rosa, l’amazonienne. Plusieurs générations et des milliers de kilomètres les séparent. Nathalie et Yves-Marie Clément posent des phrases sans ambages sur deux protagonistes dont la modestie de la condition révèle l’ampleur de la tâche à accomplir. Reliés par un récit intergénérationnel, Maria Rosa et Parker nous le disent : sur n’importe quelle zone sur Terre, mêmes dangers, mêmes enjeux qu’on soit de sève… ou de sang.

Alors chut…

Le Séquoia chante.

L’entendrez-vous ?

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