Elisa Sartori
CotCotCot éditions

Commencer l’apprentissage une nouvelle langue, essayer, se tromper, ne noyer dans le verre d’eau de l’apprentissage, ressentir l’étourdissement : cela en vaut-il la peine ?

Par les traits graciles d’une silhouette féminine, Elisa Sartori illustre les doutes, les étapes, la polysémie de la communication. Les petites gouttes, les premiers pas se muent rapidement en flaques puis vagues. Où sont les limites quand on commence à apprendre ?

Dans un leporello recto-verso, l’artiste ne donne pas d’indication quant au point de départ de la lecture. L’accordéon de papier parle au présent, à l’infinitif et au futur. Découvrir un nouveau langage c’est baignade, immersion, submersion. C’est aussi découvrir, rencontrer, se tromper pour une finalité : s’enrichir de rencontres.

Le lirez-vous de bas haut – ou de haut en bas ?
A l’envers ou à l’endroit ?
Dans une ronde sans fin, nous sommes invité.es à poursuivre ou recommencer. Quoi donc au juste ? L’écho de mon auto-censure me parvient douloureusement. Alors Des années de dys-pédagogie orientée grammaire et mécanique syntaxique m’ont conduit sur un chemin d’errance, d’oubli de la rencontre culturelle. Apprendre une langue, je le réalise soudainement, c’est oser rencontrer une autre culture. Dès lors, les balbutiements du début ne seraient-ils ô combien précieux ?

Le petit ouvrage replié dans sa pochette bleutée ne laisse plus voir que son intitulé. Avant de lire, j’en percevais principalement les limites. Après plusieurs aller-retours, je le perçois différemment : « Je connais peu de mots » et c’est déjà beaucoup. C’est le commencement d’un voyage et qui sait, probablement d’une belle aventure ?

