Laurence Gillot et Delphine Jacquot
Saltimbanque éditions

Qu’est-ce qui cristallise davantage les peurs enfantines que l’image du loup ?
Ida part dans la nuit avec son papa. Ce dernier a une surprise pour elle mais pour la découvrir, il y a un trajet à faire dans la forêt. C’est le soir et dans sa cariole-cabane, les sens d’Ida sont aux aguets. Comme ils sont effrayants tous ces bruits dont on ne distingue pas l’origine. Le loup est proche c’est sûr. Tellement proche qu’il vient s’installer dans la cariole, au nez et la barbe du gentil papa qui ne voit… rien !

La nuit aiguise des sens que nous mettons en veille la journée. Tout semble décuplé, et d’autant plus difficile à discerner. La peur grandit, devient loup aux intentions évidentes : il veut dévorer l’enfant. Ida a peur. Ida est futée : et si elle gagnait du temps ? Si elle détournait son attention ? Le loup est rusé : il acquiesce pour mieux entourlouper. Comment faire pour lui échapper ?

Laurence Gillot et Delphine Jacquot nous emmènent au bord du précipice : dans l’ombre de la nuit profonde, la réalité devient frontière entre réel et mirage. Devant, le papa pédale, indifférent à la menace qu’il ne voit plus depuis longtemps. Il est grand, il avance. Derrière Ida apprend, comprend qu’elle ne pourra gérer ce loup qu’en lui faisant face.

Conversation avec le loup se déguste à voix haute et se savoure par les yeux. L’humour s’exprime par des joutes verbales tendres et facétieuses se déroulant dans un décor digne du pays merveilleux. Même le tapis s’y met, transformant des serpents sifflants en lapin brodé et poulain trottinant. Pour le plaisir d’une telle évolution, cela vaut probablement la peine de chercher son propre loup… et le regarder bien en face. Qui sait ce qu’on aurait à lui dire ?


oh déjà quelle merveilleuse couverture, et ensuite le thème du livre, j’ai bien envie de me plonger dedans. Un coup de coeur. Merci pour cette délicieuse découverte.
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