Thierry Cazals et Csil
Éditions du Pourquoi Pas

Ce fut une chaude journée, aujourd’hui.
Quelle douce ironie me pousse à écrire sur Fraîcheur précisément maintenant ?
Car demain
A n’en pas douter
Les degrés auront baissé
La Terre transpire, suffoque, cahote. Les yeux rivés sur le thermomètre, la fraîcheur est fabriquée à l’aide de quelque appareil savamment branché… qui dans un habile et terrible cercle vicieux, abaissera l’intérieur de quelques Celsius rejettera dehors bien trop de Fahrenheit.

Dehors, les dents de lion se balancent doucement dans la brise du début de soirée. Certains sont orphelins de leurs aigrettes, parties essaimées au gré des courants d’air. D’autres attendent leur heure. A la bonne heure !
Les mots de Thierry Cazals sont des aigrettes au pays de la poésie. Ils se balancent doucement au bout d’une tige de papier. Je les admire tout en sachant qu’ils vont s’envoler.
S’envoler ici
Là peut-être ou sûrement
Léger labeur
S’envoler pour prendre racine dans le cœur de ceux qui liront ce manifeste écologico-poétique. Et ainsi, déposer un filtre nouveau sur les petites choses alentour ; ces mêmes petites choses que le poète Issa contemplait à l’ombre du cœur de la Terre.

Des haïkus pour dire les sentiments, les observations, les hypothèses : trois vers tels les battements d’ailes du papillon. De la sobriété apparente, il faut prendre garde. Les haïkus sèment profondément leurs messages, transcendant l’espace-temps.
D’hier à aujourd’hui
D’ailleurs à ici
Regarder les fleurs

Graines dans un souffle, Csil illustre goutte à goutte une Terre qui se désespère de voir ses larmes s’évaporer. Répondant à l’écho d’un adage bien connu « les petits ruisseaux font les grandes rivières », il me plaît de songer que ces quelques traits ruissèleront jusqu’à devenir rivière de bourgeons, mots en l’air pour de belles inspirations…

Merci les EDPP pour nous offrir, en quelques pages délicatement tissées, un fil d’Ariane vers un quotidien à ré-enchanter !

merciiiiiiiii 💜
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