Bernard Villiot et Eric Puybaret
Margot

C’est l’histoire d’une fillette qui rêve de prendre la mer à bord d’un bateau de papier.
De papier ?
Et voilà les marins, les hommes forts de s’esclaffer de tout leur gosier !
Ce qui provoque leur hilarité, ce n’est pas qu’un papier plié puisse naviguer : c’est qu’une fille ait cette prétention ! Parce que la mer, l’océan, les vagues, les poissons, c’est un monde d’hommes : compris ?

Les moqueries, les préjugés et le sexisme n’impressionneront pas Amalia. Sur son frêle esquif, l’enfant quitte le port et s’élance à l’assaut de l’horizon. Mais le vent se lève, la tempête se déchaîne. Le bateau devient radeau. Quand les vagues s’y mettent, peu importe qu’on soit fillette ou vieux loup de mer.

Tous à la même enseigne. Idem lorsque la mer est d’huile mais que le Kraken décide de s’en prendre au navire du Capitaine (lequel avait repêché Amalia et sa feuille flottante). A l’instar du lion de la fable (Le Lion et le rat, Jean de la Fontaine), le Capitaine découvrira qu’on peut toujours avoir besoin d’une plus petite que soi.

Le bateau de papier, c’est l’histoire des rêves si grands qu’ils nous poussent en avant. Dépassement de soi, des limites édictées par d’autres (ceux qui restent au port) et brin d’inconscience (ou de confiance), la fillette qui trace sa route ne serait-elle pas celle qui grandit ?
Bernard Villiot, alias le virtuose des mots, pose à destination des lectrices et lecteurs une histoire féministement engagée. Pour magnifier le tout, les illustrations d’Eric Puybaret jouent sur les contrastes tantôt petits, tantôt immenses… Faisant voler les carcans en écume, l’aventure d’Amalia pourrait en inspirer plus d’un.e. Au vent les limites car tout devient possible. Chouette alors !
