Jack Chaboud et Alca
Les éditions du Pourquoi Pas

Naître fille.
N’être fille ou peu de chose, c’est un peu pareil dans certaines parties du monde.
Être fille, chose, objet ou monnaie, c’est kif-kif.
Il y a des contrées si pauvres que pour survivre, on peut décider de marier une toute jeune fille à un vieux monsieur riche.
Sans joie. Sans choix.
Jack Chaboud nous raconte Wajma, son sourire, ses cheveux libre et l’annonce de son mariage prochain avec un homme qui possède des terres. Son mariage est la condition de survie pour son bébé de petit frère et sa petite sœur malade. Le sourire éteint, Wajma n’a plus qu’une route à suivre : celle qui l’amènera à la ville chez son mari.
Ce récit c’est celui du point de bascule entre l’enfance et nécessité implacable. Dans un pays au sort rongé par la domination d’un régime brutal, que deviennent les sourires des enfants et celui des filles en particulier. Il se vend. Même si c’est encore l’âge où l’on tient une poupée dans ses bras.

Via les illustrations d’Alca, notre regard se perd au loin ou tantôt il se heurte aux murs délabrés. L’avenir en Afghanistan semble sec pour tout le monde. Et pourtant, au milieu de cette désolation, Wajma croise un enfant grelot. Un garçon libre, nomade, qui ne doute pas qu’elle apprendra un jour à lire, que l’avenir lui appartient encore.
C’est vrai, certains y croient encore. C’est peut-être ce qu’il faut retenir. Ce à quoi il faut s’accrocher : l’espoir est ténu mais tout n’est pas perdu.
Pour elle, pour lui, pour elles, pour eux (pour nous, sait-on jamais) : croyons-y !
