Lou Sai et le sanctuaire des éléphants

Laurence Pérouème et Lauriane Bellon

Cipango

C’est une histoire qui commence en liberté et qui se poursuit en captivité.

C’est un destin qui bascule de la pire des manières, quand la captivité rime avec brutalité.

Lou Sai, la petite éléphante a été arrachée à la nature, à son troupeau pour devenir une bête de foire. Sous les coups de « bullhook », le brutal « mahout » l’a dressée à répondre à toutes ses demandes. Pour survivre à la solitude, à la douleur et à l’humiliation, parfois l’esprit de Lou Sai s’égare, s’évade vers ses contrées lointaines.

Comment survivre quand est traité avec cruauté ? Quel espoir quand on a vu un congénère tomber sous les coups ? Pour Lou Sai le présent est sombre. Les touristes qui défilent sont, pour la plupart, indifférents à sa situation. C’est vrai : qui ose s’interroge sur les conditions de vie des animaux de cirque, de foire, de spectacle ?

Il faut un énième coup sadique pour qu’enfin, une voix s’élève, haute et forte, indignée et déterminée. Sani s’indigne et s’interpose, défiant le mahout. Ces mauvais traitements doivent cesser de toute urgence. Plus encore : il faut sauver Lou Sai !

Il est temps que des voix multiples et variées s’élèvent contre les maltraitances animales. Qu’est-ce qu’il y a de beau devant un numéro obtenu par les coups ? Qu’est-ce qu’il y a de naturel dans le fait de grimper sur le dos d’un éléphant, d’un dromadaire, ou d’un poney dans une foire ? Les animaux ne peuvent se rassembler pour faire entendre leurs voix : ils dépendent des humains pour le pire comme pour le meilleur.

Aujourd’hui elles sont encore timides, les voix qui s’élèvent pour les défendre. Mais leurs forces s’affirment et trouvent des porte-voix de plus en plus nombreux. En cela, Laurence Pérouème apporte ses mots avec cet album engagé : sensibiliser à la maltraitance des animaux est une tâche de longue haleine. Toucher le jeune public via un duo de sauveurs courageux auxquels on peut s’identifier facilement me semble un beau point de départ. Pour apporter de la douceur à ce thème fort, Lauriane Bellon pose des illustrations expressives. Elles attristent, révoltent, oppressent avant de réveiller l’espoir. La conquête de la liberté, c’est un travail d’équipe !

Je tire mon chapeau au thème, et j’espère qu’il suscitera des prises de conscience chez les plus jeunes comme chez les plus grands !

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