Les désaccordés

Anne Cortey

Illustrations de Cyril Pedrosa

L’école des loisirs, Collection Médium +

Zoé (alias Fifi pour son père uniquement) a perdu sa mère à cinq ans, ne voit plus ses grands-parents, déménage un peu trop souvent pour suivre son prof de ukulélé de père au gré de ses différents postes. 

Dans son nouveau collège, sa route croise celle de Gloria sans ses cheveux, Achille le skateur, Ugo le méchant abruti de service. Si elle se pensait immunisée contre la colère et la mort, Zoé va découvrir qu’il suffit de peu pour basculer. Alors que l’enfance s’éloigne pour dessiner progressivement le chemin de la résilience, Anne Cortey nous plonge dans les méandres émotionnels d’adolescents en quête d’eux-mêmes.

Si on dépassait les apparences ?

Le méchant n’est peut-être pas si méchant, la maladie ne saurait résumer une personne et même quand la gifle claque, cela ne fait pas de Zoé une personne violente. Pour les accompagner, l’odeur des lasagnes, quelques notes de bossa nova, des photos du quotidien, des larmes enfin libérées et un dialogue qui finit par trouver son chemin auprès des bonnes personnes.

Parler, ce truc qui parfois semble plus difficile à dépasser qu’une figure en skate… Est-ce que je leur dis, à ces quatre ados, que la vie entière nous pousse à nous désaccorder pour mieux nous réaccorder et ainsi de suite… ? J’aime que dans ce roman les émotions éclatent comme des tempêtes, laissant les adolescents dans le brouillard et doutant si fort de leur avenir. Souvent on oublie que ce cheminement s’accompagne des premiers émois, dont ce langage s’explore, s’apprend, avec un accordage qui se fait obligatoirement à deux…

On oublie aussi qu’ils ont absolument besoin qu’on leur fasse confiance, les adolescents. Alors que je viens d’achever cette lecture faite presque d’une traite, je songe à cette vie qui maltraite, aveugle, dramatise, décourage, encourage, relève, avance, propulse envers et contre tout.

Ne serions-nous pas tous un peu désaccordés ? S’accorder avec soi et autres pour mieux vivre avec soi et les autres : tout un programme ! Si on (je) cherchait ensemble comment, de nos fausses notes faire jaillir nos puissantes harmoniques ? Je vous attends…

Un avis sur « Les désaccordés »

  1. Très belle présentation de ce livre au titre évocateur « Les désaccordés », votre analyse chère Clara, toute en délicatesse, pointe bien la sensibilité à fleur de peau des adolescents, en transition entre enfance et âge adulte… « Est-ce que je leur dis, à ces quatre ados, que la vie entière nous pousse à nous désaccorder pour mieux nous réaccorder et ainsi de suite… ? »

    Il est tellement vrai que nous passons notre vie à la recherche d’un accord parfait en harmonie et équilibre, sans jamais savoir si nous y sommes arrivés. Ces doutes de l’adolescence nous poursuivent. Ils sont le sel de vie, notre remise en question permanente, en toute humilité.

    Vous clôturer votre article en posant la question, « Si on (je) cherchait ensemble comment, de nos fausses notes faire jaillir nos puissantes harmoniques ? Je vous attends… » La réponse est peut-être de se souvenir de ces années avec tendresse, même si nous prenons de l’âge, cela nous aidera à être plus réceptifs à l’écoute des jeunes qui nous entourent les rassurant « que ce cheminement s’accompagne des premiers émois, dont ce langage s’explore, s’apprend, avec un accordage qui se fait obligatoirement à deux… »

    C’est toujours une joie de vous lire et découvrir ces petites perles de livres 📚

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