Zimbo

Arturo Abad et Joanna Concejo

OQO éditions

Du bois sculpté, des ficelles, des mains habiles qui tiennent les ficelles : nous voici dans un théâtre où le metteur en scène est un vieux marionnettiste. Son but dans la vie est de voir briller les étoiles dans les yeux de son jeune public avec Zimbo, sa marionnette gracieuse. Mais Zimbo a changé. Zimbo est triste et ses ficelles n’ont plus leur fluidité d’antan. Elles sont lourdes de mélancolie. Que fait-on d’une marionnette qui souffre ? C’est que le vieux marionnettiste est attaché à Zimbo.

Alors il fait des tentatives pour lui remonter le moral en lui fabriquant de la compagnie et un nouveau décor. Mais à quoi bon ces artifices ? Zimbo est fatigué de ses ficelles. Zimbo voudrait pouvoir décider de sa vie, des paysages qui l’entourent. Blessé, le vieux marionnettiste refuse. Pas longtemps. Du haut de son théâtre il fait descendre la paire de ciseaux qu’il vient de fabriquer. Zimbo hésite peu avant de s’en servir. Il trébuche sur les premiers pas de la liberté. Les suivants le conduiront loin.

Qu’est-ce qui fait changer d’avis le marionnettiste ? Un souffle de souvenir. Peut-être qu’on ne peut retenir auprès de soi les gens qu’on aime sans en payer le prix… Les plus belles ficelles ne font pas le poids quand le cœur aspire à la découverte de nouveaux horizons. Au détriment de son bonheur, le vieil homme laisse partir Zimbo parce qu’il l’aime. Il accepte de sacrifier son attachement parce que l’épanouissement et la légèreté sont plus précieux que les entraves.

Son sacrifice trouve récompense. Zimbo libre, leur lien s’en trouve renforcé : en témoignent les cartes postales que le marionnettiste reçoit. Petit baume au cœur en attendant que les autres marionnettes commencent aussi à rêver à la paire de ciseaux.

La délicatesse des illustrations de Joanna Concejo nous guide dans la mélancolie de la marionnette puis vers ses espérances pour l’indépendance. La couleur finit par éclater bras grands ouverts après les pages poétiquement grises et sépia. On voyage au pays des émotions avec les mots d’Arturo Abad, tantôt en mode spleen mélancolique, amour et douleur, stupeur et audace.

Un livre qui nous incite à jeter un œil pour voir ce qu’il y a derrière le rideau de notre propre scène.

Pour ceux qui rêvent de partir et ceux qui doivent laisser partir ceux qu’ils aiment, à partir de cinq ans

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