Un chaton à la mer

Ruth Brown

Gallimard jeunesse

Un chaton à la mer m’a accompagné en Bretagne.

Cet album je l’avais croisé quand j’étais étudiante. La librairie Kléber de Strasbourg et son rayon jeunesse incroyable était mon terrain de récréation entre deux cours ou deux stages. La passion pour les livres pour enfants était en germination mais je ne le savais pas encore à cette époque. Tout ça pour dire que je flânais dans le rayon jeunesse pour trouver des histoires dont je pourrais me servir dans mon futur métier.

Un jour j’ai ouvert cet album : « des chats et l’océan (deux thèmes que j’aime ) ça va être chouette ! ». Je l’ai lu et j’ai ressenti un de mes premiers Gloups d’émotion. Sauf que je ne l’ai compris que bien plus tard. Budget étudiant oblige, je suis repartie sans, et sans noter le titre !!

L’imprégnation était pourtant là. Après bien des recherches avec les mots-clés « chat-océan-tempête », j’ai fini par le retrouver…

Ruth Brown nous offre deux histoires pour le prix d’une. Au premier plan il y a la chatte Lizzie et son chaton. Ils sont bien au chaud dans une pièce chauffée du phare alors que dehors la pluie fait rage. Alors que Lizzie s’endort, son intrépide chaton profite de l’agitation qui s’empare des humains du phare. Sur leurs talons, il se retrouve dehors, dans le vent, les bourrasques, la tempête qui fracasse l’océan contre les abords du phare. Pendant que les hommes mettent une barque à la mer, le chaton est pris par la tempête. Plus loin sur l’eau, un bateau est en perdition…

Lizzie se réveille, s’affole de ne pas trouver son petit. Après avoir constaté son absence dans le phare, elle s’aventure à l’extérieur : toujours pas de chaton. Les vagues, le vent, la pluie Elle s’apprête à rentrer quand elle l’aperçoit, agrippé désespérément à un rocher. Elle l’attrape et le remonte dans le phare, suivants les rescapés du naufrage que ses maîtres viennent de secourir…Dans la chaleur de la cuisine, la mauvaise aventure s’éloigne, les battements de cœur se calment. Les chats et naufragés se réchauffent et se reposent…

ÉmotionS disais-je…

Par où je commence…

Par le danger de la tempête qui peut briser des bateaux et emporter des vies ?

Par la curiosité du petit chat qui a bien failli lui coûter sa vie ?

Par le courage absolu des gens du phare qui ont bravé les éléments pour porter secours aux gens du bateau ?

Par la stupeur que j’ai ressentie en comprenant que ce naufrage a vraiment eu lieu en 1838 ?!!

Que l’on se situe du côté de Lizzie ou du côté de Grace Darling, il y a une même réaction, instinctive : celle de porter secours coûte que coûte. J’y vois une révélation de la valeur de la vie. La chatte se met en danger pour sauver son chaton. Pour les humains, Grace et son père c’est la même chose. Il semble qu’il est inimaginable de laisser l’autre en danger. Y a pas à tortiller : action !

Les enfants ont besoin d’explorer, de tester les limites, d’apprendre. C’est trop évident de comparer ce chaton à un enfant qui aurait échappé à la surveillance de sa mère. Ben oui des fois ça arrive. De l’expérience malheureuse il y aura une bonne leçon à décanter (après avoir dormi). Cette fois l’histoire se finit bien. Le chaos extérieur laisse place à l’apaisement pour se remettre de ses émotions. Une fois à l’abri, la douce chaleur du feu réchauffe corps et cœurs des humains et des chats.

Le naufrage a bien eu lieu. Grace Horsley Darling a bien existé et ce sauvetage lui a valu la reconnaissance nationale. Même la reine Victoria lui manifesta son admiration et sa reconnaissance. Pour en apprendre davantage sur ce petit bout de jeune femme courageuse :

https://rnli.org/about-us/our-history/timeline/1838-grace-darling

Merci Ruth Brown pour, mine de rien, permettre à ce « fait divers » du 19e de parvenir jusqu’à nous. Chats au premier plan pour un second plan des plus impressionnant. Magie de l’inclusion, léger aperçu de ce que pouvait être la vie de gardiens de phare à cette époque. Les illustrations sont comme des tableaux : les couleurs sont vibrantes, les illustrations fouettantes : personnellement j’ai pris les bourrasques dans la figure. On bascule de la sérénité au danger total : dehors-dedans, oppositions radicales des ambiances et des états d’esprit.

Un livre pour cette double-histoire : une par les mots, l’autre qui se découvre par les images. Empathie, inquiétude, stupeur et tremblements, souffle retenu pour arriver au soupir de soulagement, c’est quasiment un film ce livre. Tant d’humanité pour le but ultime : la survie…

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