Petit éloge de la lenteur

Bruno Doucey et Zaü

Le Calicot

Ayant un métier trépidant, qui requiert une attention soutenue all day long, en vacances je prends le contrepied total de ce rythme. Je flâne, je visite des endroits en contemplative. Quand je croise des librairies, j’y entre et je navigue entre les ouvrages avec délectation…J’y trouve toujours ce que je ne cherchais pas. Dernièrement mes yeux se sont posés sur le Petit Éloge de la Lenteur.

Espièglement subtils, quelques traits à l’encre posés par Zaü pour achever de me convaincre et nous sommes repartis main dans la main. Je l’ai lu le lendemain, alors que je laissais mon esprit divaguer dans la cité abandonnée de Quirieux…

Hasard ? Je ne crois pas…

Dans un monde qui trépide, trépigne, piaffe, s’agite, accélère tout ce qui peut l’être, un éloge de la lenteur ne peut manquer d’intriguer…Le fait est que la lenteur est avant tout une question de point de vue. Pour avoir plusieurs points de vue, il faut pouvoir se décentrer un moment pour considérer que les choses ne fonctionnent pas toujours selon notre propre référentiel d’humain occidental.

Ainsi ne serait-ce qu’en changeant de pays : est-ce que la lenteur sera la même pour un antillais, pour un papous ou pour un américain de New York ?

A notre échelle, comment conditionnons-nous les enfants par rapport à la gestion du temps ?

  • Dépêche-toi de mettre tes chaussures
  • Dépêche-toi de faire tes devoirs
  • Dépêche-toi d’apprendre à lire
  • Dépêche-toi de monter en voiture
  • Dépêche-toi… Dépêche-toi… Dépêche-toi…Magne…Grouille…Speed…Go go go…Vite vite vite…

Parfois et même le plus souvent, ce fonctionnement a lieu à l’insu de ceux qui le vivent (subissent ?).

Bruno Doucey nous invite à aller plus loin : que vaut le temps quand on pense gestation animale ? Nous, petits d’hommes, commençons à vivre selon le contrat des neuf mois in utero. D’autres espèces ont besoin de plus de temps, d’autres c’est l’inverse. Oui mais j’oubliais que l’homme raisonne essentiellement par rapport à lui-même et en comparaison avec ses semblables. Même entre nous, nous entrons en divergence sur la façon de gérer son temps. Quand un bourreau de travail croise un rêveur sur sa route, comment se rencontrent-ils ?

Nous réagissons en miroir, c’est-à-dire que l’attitude des uns éveille toujours une comparaison quant à notre propre fonctionnement. Soit cette réflexion (du miroir) va trouver en nous une validation car nous nous y reconnaîtrons, soit ça sera l’inverse (et après, à chacun d’y aller de son émotion, simple pique, agacement, impatience, colère, exaspération…que sais-je encore...).

Dans ce monde « spressé », se démultiplient les cours pour se reconnecter à un rythme plus humain, plus lent : cours de relaxation, stages d’ancrage, sessions pour apprendre à respirer, groupes de méditation etc… Tout ça pour tenir le coup jusqu’au prochaines vacances. Car c’est un fait les vacances, ce moment où l’on relâche devient la raison de vivre de la plupart des actifs, enfants y compris (bah vous saviez que école-collège-lycée et études sont des lieux fatigants !). Comment cela est-il possible ?

Pourquoi est-ce que la société accepte à ce point de vivre en zone d’inconfort ? Où seule la carotte des vacances permet tenir le rythme ?

Là encore, Bruno Doucey y va de quelques suggestions pour changer la perception de ce temps de vacances,  que l’on peut s’amuser à suivre, ou les adapter à son goût.

En achevant cette lecture, je me rendis compte que mon regard sur les escargots les auréolait d’une nouvelle admiration. Merci Bruno Doucey d’avoir pris le temps de ralentir. Qui sait, peut-être que d’autres se l’autoriseront.

Ainsi donc, je laisserai chacun se cultiver ses propres idées sur cette idée de lenteur. De mon côté je vais laisser infuser la réflexion engagée en continuant de prendre rendez-vous avec moi-même, souvent, ici et maintenant.  Quelle surprise m’y attend ?

La Lune n’est jamais très loin de moi…

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