Fadoli

Marie-France Chevron Zerolo et Mathilde Magnan

Éditions courtes et longues

Il n’est pas comme tout le monde.

Il est différent (ouh le gros mot)

Il ne passe pas inaperçu.

Pour certains il serait bête, bêta, fada.

Ceux-là ne savent pas….

Ils ne savent pas regarder au-delà des apparences…

Ils ne comprennent pas l’émerveillement permanent…

Ils ne devinent pas l’authenticité derrière le rire…

Ils passent à côté de la lumière de la lune en plein midi…

En peu de mots on rencontre Fadoli. Peu de mots qui en disent pourtant long. Trois syllabes pour un diminutif magique : en langue provençale Fadoli signifie « touché par les fées ». C’est une jolie étymologie pour désigner l’innocent, le simple d’esprit, celui qui profite sans détour de la magie de la vie.

Et c’est bien de magie dont il s’agit ici. Fadoli et sa chevelure fleurie ne connaissent pas de limites. Un battement d’ailes et Fadoli s’envole la tête à l’envers. Sous terre, en effleurant l’onde ou en taquinant les nuages, l’enfant invente la beauté du monde. Les animaux, réels ou hybrides, sont ses amis. D’une petite allumette il éclaire le monde de sa lumière à lui.

Les illustrations de Mathilde Magnan sont elles aussi « fadoli », riches de contrastes où l’union du noir et blanc amplifie la chaleur des couleurs. Fadoli y apparaît tantôt immense, tantôt petit accompagné d’une myriade d’animaux sauvages, dont on sent qu’ils se sont apprivoisés mutuellement. Et puisque tout est possible, pourquoi pas des cheveux pissenlits, des ailes de papillons dans le dos ou une montagn’oiseau sur laquelle se percher ? C’est une plongée ou une envolée à chaque double-page. Des zèbres volants côtoient les chauve-souris le jour et la nuit et tous de se retrouver dans l’arche de Noé. Le bateau coule : pas grave, un peu de rire et c’est reparti !

Oublions la peur de l’autre, le jugement, la méfiance devant les rires qu’on ne comprend pas. Marie-France Chevron Zerolo signe ce texte « petit mais costaud ». Cette réhabilitation de l’innocence authentique, chacun peut s’interroger : « chez moi, où est-elle passée ?». Je me questionne aussi quant à la bienveillance que l’on manifeste vis-à-vis des simplets que l’on croise…ces éternels enfants. De la réalité de Fadoli à la nôtre, le chemin n’est peut-être pas si loin.

Je voudrais rejoindre Fadoli et ses amis. Cet album, je le qualifie de chef-d’œuvre ! (hé ouais, d’abord : Bravo Marie et Mathilde !)

Fadoli me rappelle que moi aussi je peux entretenir ma propre magie. Pour la rallumer il suffit de gratter une allumette en riant…

C’est toujours bon à savoir !

2 commentaires sur « Fadoli »

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