Stephen Hogtun
Sophie Andriansen pour la traduction
Éditions Langue au chat

Dans une gare grise, où tout le monde est morose et pressé, qui pour s’intéresser à un pauvre petit chaton efflanqué errant sur les quais ? Pire que les regards vagues, il y a l’indifférence assumée avec les regards qui se détournent de la souffrance de l’animal.

Soit.
Si l’assemblée des hommes n’a pas la générosité d’un regard, le chat tentera d’approcher d’abord un humain. Celui-ci qui a l’air si accablé par exemple ; ou cet enfant qui se tient à l’écart du groupe. Dans la profondeur de ses iris, les voyageurs réguliers trouvent un inattendu puits de chaleur et des reflets colorés. Le chat induit une brèche dans leur mélancolie, et rallume une flammèche de joie… laquelle ne demande qu’à s’embraser.


Un chat qui ramène des couleurs et de la lumière dans des vies ternes : voilà qui ne pouvait que me plaire. Mais au-delà du sentimentalisme que les chats m’inspirent, il y a autre chose. Il y a le focus sur une vie qui se veut toujours plus rapide, avec un individualisme croissant. On se détourne de soi-même. On n’accorde à peine d’attention à autrui. La solitude devient une chape de plomb dont on ne perçoit plus le poids. La joie étouffe au profit du spleen. Quelle échappatoire avons-nous ? L’animal ici donne, offre sans compter. Le misérabilisme de son début de vie ne laissait pas présager qu’une aussi jolie mission le porterait, jour après jour, vers des voyageurs en quête de chaleur.

C’est un chat magique qui se cache dans ces pages. Un petit chat ordinaire et extraordinaire à la fois, aux ronronnements réconfortants et au cœur plus grand que lui. Stephen Hogtun connaît bien ce sentiment que la présence du chat suscite : dans sa vie il a rencontré Georgie et cette histoire lui rend un bel hommage.

Il appartiendra à chacun de chercher la lumière qui émane de nos compagnons poilus. Chat, chien, mésange, cheval, chèvre… dans leurs yeux d’ambre ou d’opale niche un certain essentiel. D’ailleurs mes trois sages chats m’attendent : il est temps que j’aille les rejoindre…


bien belle découverte et les illustrations sont très réussies.
merci
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