Le troisième fils de Monsieur John

Nadine Brun-Cosme et Christine Davenier

Éditions Sarbacane en partenariat avec l’association Amnesty International

Est-il besoin d’être grand, droit et conforme pour être aimé ?

Monsieur John a trois fils. A la naissance de chacun d’eux il plante un arbre dans son jardin. Comme le premier fils, le premier arbre pousse grand et droit. Il fait la fierté de Monsieur John ! Le deuxième arbre suit le chemin du premier : Monsieur John recueille les compliments du quartier et cela lui plaît. Bouffée d’orgueil, autosatisfaction et voilà un papa fier comme un paon.

Et le troisième arbre dans l’histoire ? Le troisième arbre n’a pas poussé grand et droit mais tout tortillé tarabiscoté : là pas de fierté et rapidement il fut déterré pour être soigneusement relégué au fond du jardin (pour éviter les quolibets du quartier of course). Ah cette terrible angoisse du regard des autres à la sauce du « qu’en dira-t-on » !

Un jour les deux grands fils qui ont grandi comme leurs arbres, prennent le chemin de leur vie : ils s’en vont de la maison. Monsieur John se sent triste, la solitude s’invite. Ah voilà, les chemins droits ont un revers semble-t-il.

Comme de juste, le troisième fils est à l’image de son arbre. Alors chut on ne l’écoute pas, on ne le regarde pas. Donc auprès de son arbre le troisième fils suit son bonhomme de vie rien qu’à lui. Il rêve et chante, avec les chats pour compagnie. Au départ de ses frères, depuis les branches de cet arbre remarquable, le troisième fils de faire de résonner le jardin de ses poèmes et chansons pour le tout nouveau plaisir de son père et des gens du quartier !  

Il a la dent dure le désir de conformité. Être comme tout le monde, susciter envie et fierté chez les voisins. Ne surtout pas faire de vagues, ou donner matière à cancaner : combien sommes-nous à être tenté par une vie lisse et droite ? Pourtant, y aurait-il un chemin différent, autre que tout tracé ? C’est réconfortant de lire une histoire où les yeux du père finissent par poser un regard apaisé et bienveillant sur son propre fils.

Ce thème pour le moins dur de cette exclusion par le silence et les yeux baissés est porté par les mots sobres de Nadine Brun-Cosme et les images tendres de Christine Davenier.

Une graine de différence, ça peut donner un étonnant résultat. Tant qu’il y aura des gens (et des chats) pour reconnaître la richesse de la singularité, peut-être sera-t-il possible de faire germer les graines de la tolérance ? (espoir espoir espoir !!!).

Alors, est-il nécessaire d’être grand, droit et conforme pour être aimé ? La discussion est ouverte avec les enfants à partir de 5 ans.





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