La Petite Renarde

Un conte des Indiens Cree

Muriel Bloch et Izou

Editions Magnard Jeunesse

Que dirions-nous si notre destin dépendait de notre capacité à respecter l’animal ?

C’est une histoire de loin, c’est une histoire du Froid, c’est une histoire de renard et d’enfant, d’hommes et de choix, d’écoute et de considération. C’est une histoire qui commence mal.

Pour sauver une fillette très malade, les hommes ont osé partir dans le grand froid de l’hiver impitoyable pour trouver la renarde. C’est le guérisseur qui l’a dit. La vie de l’enfant est liée à celle d’une renarde, une renarde qui respire mal, une renarde à bout de force. Tant que l’animal fuit et s’épuise, le mal gagne chez la fillette, inexorablement. Sa vie ne tient plus qu’au fil de souffle de vie qui tremblote chez la renarde, telle une flammèche dans un courant d’air.

A bout de force, la renarde tentera tout pour échapper aux hommes. Trop épuisée, elle finit par être attrapée. Une nuit de plus se passe, dans l’angoisse pour le père que la renarde ne survive pas. Au village, l’enfant délire. Son père s’oppose à la faim de ses compagnons qui auraient bien fait de la renarde leur souper.

Dans les bras du père le lendemain, la renarde se demande pourquoi on la laisse vivre alors qu’elle se meurt. Elles sont longues et froides les heures avant le retour au village. Rentreront-ils à temps ? Quand enfin la renarde est amenée auprès de l’enfant, le guérisseur enjoint de la réchauffer, de la nourrir, de la laisser se reposer…et d’attendre.

L’histoire se finira bien pour la renarde et pour l’enfant…mais est-ce vraiment la fin ?

Je suis très émue par ce conte. Je remercie infiniment Muriel Bloch de nous l’offrir et Izou pour ses incroyabilipoustoufflantes illustrations. C’est un voyage à chaque page, où les étoiles et les grands esprits accompagnent le lecteur avec bienveillance.

 A l’heure où en France les renards sont officiellement si mal considérés par certaines instances officielles, cette histoire fait réfléchir à notre lien aux animaux, voire au Vivant de manière générale. Là on a un père capable de tout pour sauver son enfant, y compris de partir dans des conditions extrêmes et de s’opposer aux siens pour ramener l’animal vivant coûte que coûte. Côté lecteur, on retient son souffle à chaque page car rien n’est moins sûre qu’un épilogue heureux.

Le guérisseur chamane montre que ce n’est pas dans la médication ou dans les prières que se trouve le remède pour cette maladie. Et plus subtilement avec la question qu’il pose aux parents avant de s’en aller : « A votre avis, qui des deux a soigné l’autre : votre fille ou la renarde ? ».

Il en découle des réflexions suite à cette lecture, je n’en ai pas encore fait le tour. Pour autant, j’ai hâte d’échanger à ce propos avec des enfants et avec des grands. 

Il y a de l’espoir, pour peu qu’on s’autorise à regarder, écouter, ressentir un cœur qui bat, quel qu’il soit.

On peut en profiter de 5 à 105 ans

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