Les Sages Apalants

Marie-Sabine Roger et Brunot Pilorget

Éditions Sarbacane

Quand j’ai commencé à redécouvrir la fabuleuse diversité de la littérature jeunesse, en 2009, j’ai croisé des albums surprenants. Parmi les premiers à avoir rejoint mes étagères : Les Sages Apalants.

J’ai été immédiatement enveloppée par un sentiment de sérénité devant cette couverture aux tons chauds et apaisants. Et j’ai rencontré les Apalants : c’est une tribu pacifique qui va à pas lents, qui est pacifique et qui se nourrit de « musique et de miettes de temps perdu ».

Le narrateur raconte le voyage de son grand-père, voyageur explorateur des quatre coins de la planète, qui dort dans une valise et a pour compagnon un dromadociphère (ne cherchez pas dans google, il n’y a que dans cette histoire que vous rencontrerez un tel animal. C’est un hybride entre le dromadaire, la girafe, le zèbre et le cheval, du moins est-ce ainsi que je le perçois).

Lors d’un voyage où il fut pris dans un ouragan, il arriva au pays des Apalants. Peuple chaleureux et silencieux, ils accueillirent leur visiteur avec des sourires et lui firent partager leur vie. Au plus proche de la nature, capables de saisir les murmures du vent, les Apalants vivent de légèreté et de patience. Le grand-père appris la contemplation, l’instant présent.

Il laissa la précipitation dans sa vie d’avant.

Prendre le temps d’observer, d’écouter, de sentir, d’être soi, d’être ensemble…les Apalants sont proches de la nature. Pour eux le temps, c’est être en pleine conscience, c’est ici et maintenant, c’est être attentif, à l’écoute, délicat. Pour comprendre leur vie, il faut être en mesure de s’intéresser à eux.

La différence peut dérouter, déstabiliser. Ça a été le cas pour le grand-père au début. Mais il a pris le temps, il s’est intéressé, il a fait ce pas vers eux pour mieux les comprendre. Une pincée de volonté semble nécessaire pour aller vers l’autre.

Si le vieux monsieur peut changer, ça devrait être possible pour tout le monde.

Les illustrations en double-page de Bruno Pilorget invitent à se poser et à profiter du paysage. Associées aux mots de Marie-Sabine Roger, elles questionnent notre rapport au temps. Comment vit-on notre propre présent : en mode « tout feu tout flamme-speed-pressé-stressé-je n’ai jamais le temps » ?

Est-ce qu’on prend le temps de regarder autour de soi ?

De poser les yeux sur le paysage alentours ?

Qu’en est-il des gens qui nous entourent ?

Les choses évoluent, lentement pour certains, rapidement pour d’autres. Avec cet album, c’est un temps magique qui s’offre à nous.  

Le changement est subtil et s’opère avec le temps. Si le temps nous échappe ou qu’on le laisse filer, pas de panique, faire autrement c’est possible. Changer ses habitudes, ralentir, cela permet de profiter différemment du temps à notre disposition. Et si l’on en croit l’expérience du grand-père, une fois ce rythme pris, il reste acquis.

Le pays des Apalants n’existe pas géographiquement parlant, pour autant, serait-il si difficile de les rejoindre…je vous pose la question. 😉

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