Gipsy

Marie-France Chevron et Mathilde Magnan

Éditions Courtes et Longues

Un jour de printemps, un petit garçon trouve une pie. Elle était tombée de son nid.

Manu (le petit garçon) a pris un peu de temps, puis sans l’effrayer, il l’a prise dans sa main. Malgré son aile blessée, la confiance était accordée. Restait un prénom à lui trouver : ce sera Gipsy !

Gipsy est recueillie, soignée, rassurée par sa nouvelle famille nomade. Avec eux elle voyage et nous entraîne dans son sillage. Une pie domestique : ce n’est pas banal ! Gipsy ne laisse pas indifférent les gens croisés sur la route. Les animaux sont moins accueillants : un territoire c’est sacré. Gipsy s’en fiche. Elle vit au présent avec le ciel pour elle.

S’il fait beau elle vole haut. S’il fait froid, elle reste au chaud dans la roulotte. Si elle fatigue, elle se laisse porter. Entre les quatre humains, les deux juments et le chien, Gipsy a une famille. Elle y trouve même quelque-chose qui brille plus que l’or, son plus beau trésor :

Que c’est beau l’amour de ce petit humain pour sa pie ! Respect, confiance et liberté : voilà qui fait un bon résumé. Manu ne cherche pas à garder sa pie en cage. Tout comme sa famille cultive sa liberté avec une vie nomade, Gipsy profite de la sienne pour découvrir de nouveaux lieux, tout en ayant la sécurité de trouver à manger dans la main de la petite Luna.

En adoptant les humains, Gipsy s’est détournée de la vie avec ses congénères, pies ou autres oiseaux. Elle ne se formalise pas de cette différence. Elle nous raconte en quoi sa vie est belle loin du souci de n’avoir qu’un seul territoire. Libre, elle n’a pas l’obligation de défendre son nid. Partout elle trouve où se poser.

La pie voleuse est devenue voyageuse. En suivant Gipsy, on réalise que le plus important, c’est de vivre au présent. Le bonheur est possible quand on a un endroit où se tenir au chaud, un peu de nourriture et la possibilité d’être soi-même. La confiance est réciproque : dans cette innocente simplicité, il y a un véritable trésor à deviner.

La confiance animale ne se commande pas : elle se développe doucement, progressivement. Sans parole, avec délicatesse, Manu n’a pas détourné les yeux de l’animal vulnérable.

Cela donne sens à ce que disait le Docteur Albert Schweitzer : « L’enfant qui sait se pencher sur l’animal souffrant saura un jour tendre la main à son frère. ».

Double bingo pour cet album : la sympathie pour Gipsy ricoche sur sa famille nomade. Au loin les préjugés ! Juste un zoom sur la simplicité et l’harmonie dans laquelle ces humains vivent avec leurs animaux : la cohabitation prédateurs-proies fonctionne. Comme quoi…entre un oiseau pas très populaire et des nomades soumis à la méfiance collective (même si je veux croire que ça change), l’alchimie prend.

Avec Mathilde Magnan aux illustrations, on s’envole, on plane, on frissonne et on serait presque éclaboussé quand Gipsy se baigne. Peut-être même que Gipsy, si réelle, s’envolera des pages avant de retrouver Manu dans un battement d’ailes ?  Cette touchante authenticité incite à contempler avec un nouveau regard les oiseaux et les gens du voyage. Merci Marie-France Chevron pour cette histoire entre parcours initiatique et philosophie à hauteur de pie. Mine de rien, je me sens invitée à sauter par-dessus certaines barrières pour mieux profiter du vent et des coquelicots dans les champs. A moins que je ne préfère la magie d’un regard prolongé avec un animal…

Allez savoir…

Et vous que choisissez-vous ?

3 commentaires sur « Gipsy »

  1. Ah Gipsy, une merveilleuse histoire. Dans la bibliothèque depuis ma rencontre avec Marie-France. Un régal ce temps passé avec elle et un autre régal de parler de Gipsy ensemble. et Mathilde dessine les oiseaux à merveille. Merci

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