Korokoro

Émilie Vast

Éditions Autrement

Korokoro est un leporello, un livre accordéon comme je les aime : délicat, avec une histoire qui chemine, se déplie, où l’on avance, se met en boule, progresse et s’envole même !

Émilie Vast nous laisse y mettre les mots qu’on veut puisqu’elle a choisi de ne pas en mettre. Et hop, à nous de créer l’histoire :

-choisirons-nous un ton plutôt dramatique : Korokoro se cache, se protège, échappe à l’oiseau : ouuuf !

– choisirons-nous plutôt une histoire en randonnée : Korokoro rencontre des fourmis : hop il se met en boule ; Korokoro reprend sa marche, il rencontre un héron : hop il se met en boule ; Korokoro reprend sa marche, il rencontre un hibou : hop il se met en boule…etc

Nous suivons pas à pas un hérisson, semble-t-il… Où va-t-il ? Son chemin est ponctué de rencontres : fourmis travailleuses, poissons curieux, têtards frétillants, lapin interrogateur, hibou endormi, oiseau hardi et d’autres encore. A chaque rencontre, à chaque mise en boule, le hérisson voit ses piquants se parer d’éléments végétaux, tels des bijoux souvenirs bien utiles pour se camoufler. Il y a ce moment où le hérisson s’envole, attraper par un oiseau : tout de même il est bien léger ce hérisson pour être emmené si facilement… Est-ce que c’est vraiment un hérisson ?

La liberté des albums sans parole est quand même fabuleuse : le lecteur peut ajouter sa patte créative à celle initiée par l’auteure, devenant un peu auteur à son tour.

Notre petit héros, avec son déguisement va réussir à rejoindre son ami après un chemin ponctué de péripéties. Le camouflage a réussi : il s’avère qu’il était indispensable. Parfois il faut se cacher pour atteindre son but. Parfois il faut se la jouer discrète quand sa vie en dépend. A force de persévérance et prudence on y arrive…des fois (oh oh, ça me fait penser aux migrants tout ça…).

Notre petit ami progresse à quatre pattes. Il avance, il s’arrête, il avance à nouveau, il regarde autour de lui. Une autre image me vient : celle de l’apprentissage de la vie : on rampe avant de marcher, on accumule des choses qu’on laisse en route pour devenir soi et rejoindre l’autre.

Une petite recherche avant d’écrire cet article pour savoir ce qu’est « Korokoro » : j’ai trouvé une province au Mali et une forme de lutte africaine dansée…ah oui…?

Il y avait la chenille qui devient papillon, maintenant il y a le hérisson qui devient souris. Merci Émilie Vast pour cet accordéon nature, tout doux, et pour le jour où l’on considérera avec un œil attendri les bogues de châtaigne en se demandant qui est caché dessous.

Même Diabolo se demande ce qu’il y a là-dessous…

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