Salammbô et Aimé

Un air de liberté

Gaëlle Callac et Carole Gourrat

Le buveur d’encre

C’est une île incroyable, tropicale, musicale.

Sur cette île vivent la princesse Salammbô et Aimé, son rossignol adoré. Une passion pour la musique les unit. Depuis le palais posé sur les hauteurs d’une montagne, les journées se déroulent au fil des notes qui s’envolent, s’échappent, et gagnent la forêt. La musique profite à quiconque lui prête attention et cela participe au bonheur de la faune et de la flore. Tout aurait pu rester ainsi si Aimé n’avait commencé à ressentir une mélancolie de plus en plus importante. L’oiseau prisonnier de ses barreaux dépérit. Salammbô, toute à son affection et son souhait de garder son oiseau chéri en sécurité, reste sourde et aveugle à la détresse de son ami. Le jour où le vent ouvre la porte de la cage, Aimé n’hésite pas, et voilà l’oiseau envolé.

Reste Salammbô, seule, désespérée. Alors qu’Aimé reprend goût à la vie, c’est Salammbô qui se languit. Finie la musique. Les alentours du palais s’imprègnent eux aussi de tristesse. Quand Aimé revient pour partager ses découvertes avec sa princesse, il ne reconnaît plus les lieux autrefois si gais. D’un chant puissant, il signale sa présence. Une joie débordante accueille son retour. Salammbô a compris : la cage dorée n’est plus. De beaux jours avec une harmonie nouvelle s’annoncent : en avant la musique, notes et arpèges, sérénades et cantates, passion et émotions !

Aimer est-ce que c’est mettre l’autre en cage ? Je crois qu’on a un bel exemple de réponse avec cette histoire. Ceci dit, loin de moi l’idée de jeter une pierre complète à Salammbô. Elle a sauvé l’oiseau quand il était blessé et vulnérable. Aimé soigné, elle a choisi la cage pour le garder en sécurité, pensant avec naïveté que l’oiseau s’en contenterait. Elle n’avait pas envisagé que quand on a deux ailes, on a envie de s’en servir pour explorer le monde. Un peu comme les enfants qui jour après jour repoussent leurs horizons. Enfants, amis ou amoureux-ses, on ne peut garder personne enfermé, toute magnifique la cage soit-elle. Laisser de la liberté, ça n’est pas forcément perdre l’autre. Aimé revient, car il l’aime sa princesse. Parfois une petite pause ça fait du bien. En retissant leur lien, leur attachement s’en trouve magnifié, renforcé et propice à une créativité réinventée.

Quel bel hommage à la musique ce livre ! La musique apaise, fait rêver, dynamise, donne envie de chanter et danser aussi. Ici la musique dispense ses bienfaits à la nature, en plus de procurer énormément de plaisir à Salammbô et Aimé. J’aime l’idée de la végétation qui profite et vie grâce à la musique. Le son ce sont des ondes. J’assume ce raisonnement peut-être un peu simpliste qui consiste à dire que la musique faite avec amour en transmet un peu aux oreilles de ceux qui l’écoutent.

Carole Gournat nous transporte dans un Olympe mi-indien, mi-grec, paradis musical aux multiples visages. Musique divine, comme des papillons légers les notes s’envolent des instruments pour enchanter ce qui ont la chance de pouvoir les écouter. Gaëlle Callac rend un hommage poétique aux musiques et à la liberté créative que cet art permet. La liberté de partager, ensemble, ouvre alors un chemin de possibles : avec la musique tout est possible, pourvu qu’on s’autorise à dépasser nos propres cages et barreaux.

2 commentaires sur « Salammbô et Aimé »

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