Le rêve de Chan-Hui

Heyna Bé et Baptistine Mésange

Cipango

C’est un album que j’aime fort, depuis longtemps. Il est grand temps que je vous le présente.

Avec des « SI » Chan-Hui le panda rêve d’une autre vie.

Être quelqu’un d’autre, avoir d’autres couleurs, réaliser des choses extraordinaires : les idées foisonnent. Au conditionnel, Chan-Hui imagine des possibles impossibles (du moins tant qu’on est un panda). Taquiner l’astre solaire ou les arcs-en-ciel : ces aspects l’enchantent, comme en témoignent les illustrations.

Toutefois, vient le moment où les rêves s’éloignent et la réalité reprend sa place. Changer ouvrirait des perspectives, mais il y aurait la contrepartie de devoir abandonner la sécurité de la tanière, se confronter à des risques nouveaux, être seul. Chan-Hui réfléchit. La nuit portant conseil, il lève les yeux au ciel et profite de la beauté du moment présent.

Vaste chemin que celui de l’acceptation de soi. Quand il grandit, l’enfant arrive à ce moment où la conscience de soi amène la comparaison avec autrui.  Une envie d’être différent pointe le bout de son nez. Parfois elle peut se muer en jalousie, défaut de confiance en soi, dévalorisation. Comment accompagner ces doutes ?

Peut-être serait-il bon de prendre un instant pour considérer les limites de ce que l’on envie si fort. De prime abord, la vie d’un oiseau semble idéale pour le petit panda. Pour lui qui a tellement conscience de son ancrage terrestre, quelle chance s’il pouvait un jour décoller du sol. Cependant, comme toute médaille a son revers, qu’y a-t-il derrière celle-ci ?

Puisqu’il faut faire avec ce que l’on est, plutôt que de fuir ou lutter, si on se réconciliait ? C’est bien d’être un panda. C’est chouette d’être soi. C’est sur ce terrain qu’Heyna Bé fait cheminer petits minots et grands adultes. Avec simplicité et poésie, elle déroule les doutes, les remises en question et une conclusion qui en surprendra sûrement plus d’un enfant ! Aux crayons, Baptistine Mésange, l’illustratrice au nom si poétique qu’on ne saurait douter de la délicatesse de ses illustrations. (j’aurais envie de toutes vous les montrer, mais je me retiens). Avec ce tendre duo autrice-illustratrice, suivre Chan-Hui dans la forêt de bambous, près du cerisier, c’est une invitation à regarder nos propres ailes avec bienveillance… Pour cela, croyez-moi, il n’y a pas d’âge !

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