Les dragons ça n’existe pas

Jack Kent

Éditions Mijade

Youpi une histoire de dragon ! (J’adore les dragons)

Un matin, il y a un dragon dans la chambre de Benoît Brindherbe. C’est un dragon de la taille d’un chat qui remue la queue pour montrer qu’il est content quand on lui caresse la tête. Quand Benoît prévient sa mère de la présence d’un dragon dans sa chambre, celle-ci prononce cette phrase incontestable « Les dragons ça n’existe pas ».

A partir de là, il n’y a plus rien à dire ni à considérer. Bien que le dragon soit toujours là, Benoît décide de ne plus s’en occuper, puisqu’il n’existe pas. Même s’il remarque que le dragon a peu grandi, et qu’il fait des choses interdites (comme s’asseoir sur la table de la cuisine ou manger toutes les crêpes), il ne dit rien. D’ailleurs sa mère ne dit rien non plus.

Les crêpes ça fait grandir les dragons vitesse grand V : à la fin du petit déjeuner le dragon est aussi grand que Madame Brindherbe. Il s’installe dans l’entrée pour faire une grande sieste. Il est devenu tellement grand que ça devient compliqué de circuler d’une pièce à l’autre sans passer par les fenêtres. Quand Benoît exprime son étonnement quant à la rapidité de croissance des dragons, ça mère lui cloue le bec en assenant à nouveau : « Les dragons ça n’existe pas ». Que répondre à ça ?

Quelques heures plus tard, le dragon déborde de la maison et quand il se réveille de sa sieste, il a un petit creux. Tant mieux, le boulanger au volant de sa camionnette passe justement sous son nez. Ni une ni deux, le dragon la suit emportant la maison sur son dos. Monsieur Brindherbe, qui rentrait pour déjeuner, eut la surprise de retrouver sa maison, sa femme et son enfant et le dragon à distance de là où elle aurait dû être.

Quand il demande des explications, Benoît lui répond que « c’est le dragon », et d’insister quand sa mère s’apprête à nouveau à nier l’existence du dragon. Cette fois plutôt que de faire comme s’il n’existait pas, Benoît considéra le dragon, puis admit que malgré les certitudes de sa mère, il était bien là. Geste suprême, il valida cette reconnaissance par une caresse au dragon. Tout finira bien, il se pourrait même que le dragon ait trouvé une famille.

Quand on a un truc sous le nez et qu’on persiste à l’ignorer, comment appelle-t-on cela ? De l’obstination, de la détermination ou du déni ? Cela pose question, que les choses doivent devenir gigantesquement dérangeantes pour qu’elles soient enfin reconnues. La maman de Benoît met du temps avant de relâcher sa certitude. Elle fait peu de cas des paroles de son fils. On lui a sans doute appris à penser que les dragons n’existent pas. Pourtant devant l’évidence, elle finit par revenir sur sa position.

Faire le parallèle avec les émotions me semble intéressant. Quand on a décidé de sciemment nier une situation désagréable et que les conséquences prennent une ampleur déroutante, cela ressemble drôlement à notre dragon. Plus simplement à hauteur d’enfant, une peur ou une colère peuvent devenir très grandes voire obsédantes si l’entourage proche n’y prête pas attention. Un enfant qui cherche un regard, un peu de temps ou d’attention, que se passera-t-il s’il n’en obtient pas ? Mon petit doigt me dit que ça va générer des étincelles. En prime il y a de fortes chances pour que ces dernières ricochent sur les parents. (Ça vous rappelle des souvenirs ?)

On a tous besoin d’attention et de reconnaissance. Point n’est besoin de trop en faire. Il n’est pas question de dire « il y a un grand dragon » quand en fait il a la taille d’un chat. Reconnaître les choses, à leur juste mesure, pour soi et pour les autres ça redonne une taille acceptable à ces fameuses choses, et ça rend d’autant plus précieux les petits dragons.

A partir de trois ans.

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