Les poissons dorés

Ghislaine Roman et Marjorie Pourchet

Akinomé jeunesse

La fable du jour est écologique, actuelle, bouleversante de réalisme.

Ghislaine Roman nous parle de la vie d’Izumi, le pêcheur de poissons dorés. Rares, ces petits poissons appelés aussi takara sont convoités par les plus riches de l’île. Aussi pour un pêcheur, en trouver c’est l’assurance de gagner beaucoup d’argent. C’est cette appétence pour le profit qui fera basculer le destin d’Izumi.

A la suite d’une tempête le pêcheur découvre une crique où les takara évoluent en nombre, paisiblement entre les algues blondes. Régulièrement il vient pêcher ici de quoi gagner sa vie. Désireux de transmettre un peu de son expérience à son fils, il l’emmène plonger dans la crique. Ensemble ils observent les poissons, les algues, la vie sous-marine paisible dans son équilibre.

La chance soudaine d’Izumi a tôt fait d’exciter les convoitises. Poussés par la jalousie, les autres pêcheurs le suivent, puis ayant localisé la crique de l’abondance, ils s’y rendent en masse pour pêcher jusqu’à épuisement les bancs de takara.

Cela fit-il leur fortune ?

Qu’est-ce qui se passe quand un met rare devient soudain accessible… ? (Roulement de tambour) : les riches s’en détournent !

Et la pêche miraculeuse : dé-miraculée !

Et les poissons dorés deviennent tellement communs qu’ils sont à peine bons pour nourrir les chats du port…

Bilan de la situation : les poissons dorés ont disparu de la crique, la crique est saccagée de déchets jetés par-dessus bord, extinction de la vie sous-marine…

Pour les autres la vie continue mais pour Izumi, c’est traumatique. La culpabilité envahit son âme et dès lors, sa seule raison ne vivre n’est plus la pêche mais la nécessité impérieuse de réparer ce désastre. Par où commencer pour refaire de cette crique le paradis d’antan ?

Patiemment, années après années, Izumi et Okito s’appliquent à nettoyer les fonds des ordures qui s’y étaient accumulées. Arrive un jour le temps de ramener la vie végétale, celle qui conditionnera le retour des poissons. Il leur faudra patienter bien des lunes pour que les algues blondes prolifèrent à nouveau. L’enjeu pour Izumi est quasi vital : ses tourments trouveront-ils un apaisement ?

Les illustrations de Marjorie Pourchet sont d’une finesse dépaysante, et intemporelle et font écho aux estampes japonaises traditionnelles. Les yeux se posent sur les 1001 détails et nuances qui parsèment les pages où le ciel et l’océan confondent leur bleus. Elles accompagnent à merveille ce texte habilement engagé de Ghislaine Roman.

Elles sont multiples les destructions résultant de la folie des hommes. Cette histoire donne matière à réfléchir aux conséquences d’un certain nombre de fléaux causés directement par l’activité humaine : la surpêche, la surconsommation, la pollution des océans, la destruction des écosystèmes marins, la destruction d’espèces animales…tout ça à cause de la course au profit.

Alors certes l’espoir est permis. Ghislaine Roman laisse entrevoir les possibilités de réparation. Mais à quel prix ? Il a fallu fort peu de temps pour que la crique providentielle soit détruite. Et il faudra toute une vie et des efforts de chaque jour à Izumi et Okito pour « la réparer ». Voilà de quoi nous faire réfléchir sur ce qui se trame à l’échelle planétaire. Que ferons-nous, humains, si nous détruisons les ressources sans nous soucier de demain ?

Cet album a piqué au vif mon âme écolo. Moi qui adore l’océan, impossible de refermer cet ouvrage sans réfléchir à ma propre façon de consommer. J’imagine sans peine que tout lecteur se confrontera à ses questions : où se niche mon propre gaspillage ? Comment agir pour préserver cette planète nourricière ? Si l’espoir est permis, il demande un minimum d’anticipation pour ne pas tout gâcher. Les idées tournent, les petites actions vont continuer, se multiplier, se consolider.

Au travail !

Pour ceux qui aiment bricoler, à la fin de l’album vous trouverez des tutos d’activités pour fabriquer de jolis poissons et quelques feuilles pour origami !

Si vous avez envie d’entendre le début de l’histoire, je vous invite à cliquer sur ce lien :

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