Petite

Anne Cortey et Audrey Calleja

A pas de loups

Grandir…vaste programme !

Ça peut sembler trop grand, trop loin, trop haut, trop difficile.

Qui n’a jamais douté de soi ?

Pourquoi se préoccuper de grandir quand on peut voir le jardin animé de la vie des fleurs et des fourmis juste en levant la tête ? C’est le printemps, les bourgeons s’apprêtent à éclore. La curiosité pousse la fillette à partir en exploration. Après le repos, l’action : un pied devant l’autre et les yeux en l’air.

La fourmi interroge tout haut : « Pourquoi es-tu si petite ? »

Un temps d’hésitation, de tristesse : les choses devront évoluer…l’enfant devra grandir, suivre son chemin dans le jardin. Parfois il y fait noir et on y croise des yeux cachés par les ombres et un lapin blanc.

Oh : un lapin blanc !

Le corps trace, bouge ses lignes, modifie les contours du tunnel. Elle ne sait pas vraiment où tout cela conduit. A vue de nez, il faut continuer car l’immobilité n’est pas une option. Heureusement, la fourmi veille, fait la courte échelle même !

Puis tout s’éclaire. Il y en a du monde présent ici-bas. Des autres, des êtres différents, des petits, des à poils ou à écailles : que d’animation toutes ces créatures en mouvement. Elles semblent savoir où elles vont. L’enfant a grandi mais elle n’est pas encore arrivée. Enfin elle trouve ce qu’elle cherchait, mais des nœuds l’empêchent de se réaliser. Comme ils sont durs à défaire. L’amie fourmi encourage quand le doute envahit l’enfant. Une aide providentielle arrive par l’araignée, grande experte en dénouage de fils entremêlés. Parce qu’il ne faudrait pas rater le bon moment, celui de l’envol.

Oh regardez : la chrysalide a laissé place au papillon. Ailes déployées, il les accompagne un temps puis s’en va butiner quelque fleur de son côté.

Évidemment, étant passionnée d’Alice je ne résiste pas à cette enfant en bleu , et à ce lapin qui apparaît et disparaît…comme par hasard ?

Les amarres sont larguées, la jeune fille a suffisament profité du sol : elle peut voir au-delà de l’horizon, plus loin qu’elle n’aurait jamais pu l’imaginer…Le monde n’attend qu’elle.

Voici un bien joli chemin de vie, avec ce qu’il comporte d’inconfort, de doutes, d’adaptations, d’apprentissages. Au début les choses sont au présent : ainsi, telles quelles. Il est subtil ce moment où l’enfant s’inscrit comme être de conscience, de lui d’abord puis des enjeux que grandir sous-entend. Il y a la perception de l’environnement qui change, le corps ensuite. Il faut mobiliser toutes les ressources d’énergie possibles pour progresser. Cela demande des efforts, c’est ardu, décourageant.

Heureusement quand il le faut, il y a toujours une présence discrètement fidèle pour aider.

C’est vrai que grandir présente de multiples facettes. Biologiquement le corps se débrouille. Le reste implique un guidage, une présence qui en bienveillance saura veiller à ce que tout se passe sans danger. Fourmi et Araignée n’usent pas d’injonction. Je suis sensible au fait de les voir suivre en étayant seulement quand c’est nécessaire.

Anne Cortey nous emmène à la rencontre d’un parcours, initiatique d’abord puis tremplin. L’empreinte sensorielle est prégnante et tout se réveille à mesure que je lis : ma fascination d’enfant pour les escargots et les vers de terre, les pétales de roses que je ramassais (espérant pouvoir fabriquer du parfum), mes genoux écorchés suite à une chute de vélo, l’adolescence et ses doutes étouffants quant au futur, les paroles réconfortantes d’une amie un jour de grande incertitude…

Et l’étonnement positif quand je me retourne sur chemin parcouru !

Ce jardin, vivant, accueillant, bienveillant nous est offert par Audrey Calleja. Tout y est léger, des traits colorés animent la page blanche et l’on sentirait presque une douce brise se faufiler jusqu’au lecteur. Aucun nuage, si gris soit-il ne peut s’y fixer. Imperceptiblement et sûrement, les illustrations sèment des graines de confiance…en soi !

Vient le jour où on se détache du sol pour prendre de la hauteur, « prendre son envol ». Cet envol qui est à la fois un aboutissement et un commencement. Maintenant que les pieds sont stables, que les bases sont en place c’est le moment d’être curieuse, de chanter sous la douche ou à la fenêtre (ou ailleurs) et de laisser l’esprit voguer vers ailleurs…Quel bonheur !

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