Martin des colibris

Alain Serres et Judith Gueyfier

Rue du Monde

Les couleurs éblouissantes de la couverture ont agi comme un puissant aimant.

Ensuite ce titre, qui a lui seul ouvre les portes du voyage : Martin des colibris !

Le colibri, dont le seul nom suffit à susciter des représentations tropicales merveilleuses. S’agirait-il de l’histoire d’un enfant-oiseau ?

Sensible, observateur, délicat, Martin dénote. Contrairement aux autres enfants, il ne tue pas les oiseaux. Et même il se bat alors qu’on veut le forcer à le faire. Caché dans un chantier naval, un homme s’approche du garçon en engage la conversation : c’est le scientifique René-Primevère Lesson. Martin lui montre les croquis des oiseaux qu’il a réalisé sur le papier transparent qui entourait des fleurs. Ému, René-Primevère lui confie que sa prochaine expédition aura pour objectif de rencontrer les oiseaux de paradis, alias les colibris.

« Je veux les voir tous, et tout savoir. Tu peux me comprendre, toi ? »

Quelques mois plus tard, un passager clandestin est découvert à bord de la Coquille. Martin a pris sa décision et le voyage est bien trop avancé pour faire demi-tour. Quand il n’est pas de corvée de pluche ou de ménage, il dessine avec René-Primevère ou Jules-Louis Le Jeune, le dessinateur officiel de l’expédition. Lorsque le bateau accoste au Brésil, l’excitation de l’enfant est à son comble. Avec René-Primevère, il apprendra à observer, à s’imprégner avant de croquer.

Un ouvrage voyage à travers le temps, la science et le monde : voici ce qui attend le lecteur qui parcourra ces pages. Le foisonnement de couleur de Judith Gueyfier est enivrant, foisonnant, aussi dense qu’une immersion dans la forêt primaire. Science et fiction nous prennent par la main à la rencontre des oiseaux et d’une époque : celle où les inventaires d’espèces faisaient l’objet d’expéditions longues et où des planches naturalistes permettaient d’inventorier la pluralité des espèces végétales et animales.

Alain Serres raconte au présent. Ainsi on s’immerge plus facilement dans les ressentis de Martin, sa passion, son respect sacré des oiseaux et son absolue colère quand il découvre que pour vivre, Elléa imite leur chant pour les tuer. Il paraîtrait que la vente de leurs plumes colorées est très lucrative. Abominable, insupportable ! Ici aussi il y a des enfants pour tuer les oiseaux. Toutefois en tant qu’esclave, a-t-elle le choix ? La fillette le répugne autant qu’elle le fascine. Dans la vie il y a des choix, des imprévus, des ruptures. L’indépendance est à ce prix. Lâchant la main de René-Primevère, Martin choisira de rester au Brésil auprès des colibris. Il y a encore tellement à découvrir. Déjà on pressent qu’il faudra des humains pour protéger les oiseaux de la cupidité qui conduit à les braconner.

J’ai un coup de cœur fabuleux pour ce livre qui réussit à nous éveiller à l’extraordinaire richesse du vivant de notre planète. J’ai eu la chance de voir des colibris au cours d’un voyage : nul doute que j’ai ressenti une joie identique à celle de Martin. Mais outre les colibris, il y a tant à regarder et à questionner, comme la fondamentale question de la liberté.

Posons-nous, ouvrons grands les yeux…le merveilleux est autour de nous (comme cette bergeronnette qui danse derrière ma fenêtre) !

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