L’homme aux chats d’Alep

Irene Latham et Karim Shamsi-Basha, illustré par Yuko Shimizu

Traduit de l’américain par Jeanne Simonneau

Collection Caldecott

Le Genévrier

Alep d’avant…

Quand on fuit les bombes, souvent on laisse les animaux de compagnie derrière soi. A Alep, du ciel pleut la guerre. La ville jadis gaie et colorée ne parvient plus à panser ses plaies.

Tout est flammes, décombres, gravats.

Tout est chaos, détresse, solitude.

Alaa est resté, pour aider. Toute la journée il fait l’ambulancier, tâchant de secourir les trop nombreux blessés. C’est cela qui le fait tenir : le sentiment d’avoir une utilité dans ce monde en ruine. Dans les quartiers détruits, il n’y a plus âme humaine qui vive. Mais il y a les chats, tous les chats abandonnés par leurs maîtres dans leur fuite pour survivre.

Survivre. C’est bien ce que les chats essayent aussi de faire. Un jour il y a le miaulement de trop, celui qui fait fondre de douleur et de compassion le cœur d’Alaa. Puisque c’est ainsi, il fera tout pour eux aussi. Détourner le regard : c’est fini. Quand sa journée de travail s’achève, Alaa achète de la nourriture et s’en va nourrir et abreuver tous les félins oubliés. Les chats se passeraient-ils le mot ? Chaque jour ils sont plus nombreux à venir quémander.

Un réseau de bénévoles se constituent. Des gens viennent aider Alaa. Des dons arrivent de partout, même de l’étranger. Un peu d’espoir et beaucoup de solidarité qui permettront à Alaa de créer un refuge : « La maison des chats Ernesto », puis un orphelinat…(des chats aux enfants, il n’y a qu’un pas).

L’histoire est vraie. Je suis tout émue de l’avoir découverte, sûrement de cette même émotion qui a conduit Irene Latham et Karim Shamsi-Basha à l’écrire pour la mettre à hauteur d’enfant. Yuko Shimizu nous en offre les illustrations où le réalisme nous épargne mais suggère tout de même, par le biais d’une carcasse d’auto, de pansements et béquilles d’enfants, la violence de la guerre.

Cet ouvrage a été récompensé aux États-Unis par un Caldecott Honor en 2021 (prix attribué à un illustrateur par l’Association des bibliothécaires américains pour la jeunesse depuis 1938). Je ne peux que remercier infiniment la maison d’édition Le Genévrier de nous permettre la rencontre avec un ouvrage de cette qualité qui, malgré le tragique du contexte, apporte un incroyable réconfort.

L’Homme aux chats d’Alep fait tellement écho à La Lionne le vieil homme et la petite fille, chroniqué récemment : https://clarasurlalune.com/2022/03/28/la-lionne-le-vieil-homme-et-la-petite-fille/ Il est bouleversant de songer qu’au milieu de la violence de la guerre, des hommes font du secours aux animaux leur raison de vivre. Probablement qu’on rencontre davantage son humanité quand on est porté par ce genre d’initiative…

Alep d’après…

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