L’écureuil et le printemps

Sebastian Meschenmoser

Minedition

L’histoire commence dès la page de garde. Le printemps s’éveille et dans les formes crayonnées de Sebastian Meschenmoser, on aperçoit les oiseaux, les papillons, les souris des champs qui sortent le bout de leur nez, attirés par la douceur ambiante et la nécessité de se sustenter (ils ont faim quoi !). L’écureuil s’éveille aussi. Surpris, interloqué, il se demande « pourquoi » tout n’est plus comme avant : toutes ses couleurs, d’où sortent-elles ?

Ours qui lui répond : « C’est le printemps ! ». Hérisson étant lui aussi sorti de son hibernation, les trois amis sont heureux de leurs retrouvailles. Mais après un si long hiver, il faut penser à se nourrir. Si l’écureuil fait le fou fou, hérisson semble habité par une étrange langueur. Il est tombé amoureux, là-bas près de l’étang, mais la belle ne l’a pas remarqué.

Comment attirer son attention ? Heureusement, il peut compter sur son ami l’écureuil, qui se coupe en quatre et plus encore pour donner à Hérisson toutes ses chances d’impressionner positivement la dame !

En avant la chevalerie et la conquête galante !

Écureuil Quichotte et Hérisson Panza !

Après, je ne sais pas si la référence à Don Quichotte est la plus pertinente pour arriver à ses fins…peut-être que oui, peut-être que non…à moins qu’Hérisson ne cherche à séduire une illusion, un moulin à vent ?

On peut rendre grâce à l’énergie qu’écureuil déploie pour aider son ami à prendre une apparence « digne » de sa dulcinée. Que d’imagination !

Merci Sebastian Meschenmoser : ce duo grimé est irrésistible ! J’hésite à attribuer la palme du comique de situation au casque escargot ou à cette apparence de guerrier papou aux dents de morse ? Ainsi équipés ils font la paire les deux compères !

Tout ces efforts pour rien, car finalement la dame n’était pas du tout ce qu’elle paraissait être. Il y a peu de chance qu’une brosse à cheveux tombe amoureuse d’un hérisson, si belle soit-elle….

Pour la saison des amours, ça commence mal. Mais n’est-il pas cocassement génial ce duo ? Nous pouvons saluer le courage qu’il faut pour aborder l’autre. Peut-être qu’il faudra actualiser un peu les stratégies de séduction de l’écureuil. La chevalerie à la Cervantès n’est plus forcément de mise…au lieu de courir après les moulins, profitons du printemps : qui sait quelles surprises il nous réserve ?

Allez Hérisson ne perd pas espoir, le printemps ne fait que commencer. Tu ne serais pas le premier à t’être fait leurrer !

Le printemps est la saison du renouveau : les couleurs reviennent, la sève monte et avec elle, les amours des animaux. Ce bel album invite à sortir de sa bulle, à profiter du présent, des amis…et plus si affinités !

Il y a aussi un joli clin d’œil : à trop en faire, gare au ridicule ! Rester soi, c’est déjà très bien. Merci Sebastian Meschenmoser, de nous donner tant à raconter via vos illustrations crayonnées où se dissimulent 1001 petits détails qui nourrissent l’histoire.  Le plaisir de feuilleter encore et encore cet album est intact j’en découvre à chaque nouvelle lecture-observation !

Moralité : courir après les brosses ne mène à rien !

Conclusion : vive le printemps !

Une fille dans la foule

Charlotte Bouquet

Flammarion jeunesse

Dessiner ou ne pas dessiner, là est la question.

Écologie brûlante, adolescents engagés au point de sécher les cours tous les vendredis alors qu’il y a LE bac dans quelques mois, le roman commence tambour battant. Roxanne suit le mouvement, galvanisée par Maelys, sa meilleure pote (BFF pour les intimes : Best Friend Forever).

Maelys, la Greta Thunberg du lycée Sainte Thérèse, voix haute, charisme magnétique qui draine les autres dans son sillage au militantisme assumé. Roxanne suit…pour garder l’amitié de Maelys, pour maintenir l’opportuniste Clara à distance. Roxanne suit parce que quand on ne sait pas vraiment où aller, c’est plus facile de suivre. Roxanne suit jusqu’à ce dimanche. Ce dimanche où le rassemblement pacifiste a tourné court.

Il était pourtant beau le tas d’ordure sur la place publique.  

Elle était bien partie cette journée aux hashtags #youthforclimate #climatewarrior

Ils étaient bien briefés les CRS quand ils ont chargé.

Il a bien giclé le sang…du visage de Maelys quand elle a été touchée.

(oh oh, ça m’en rappelle une paire de faits divers aussi sordides, combien d’yeux perdus ou de joues perforées par des balles de défense ?)

Maelys à l’hosto, lycéens traumatisés et Roxanne hantée-culpabilisée-paumée, psychotrauma et tout le tralala de flashbacks qui tournent non-stop. Psychothérapie ? Roxanne y va, plus pour ses parents que pour elle-même. Les amarres sont en train de lâcher. Roxanne sèche, Roxanne erre dans le parc, Roxanne ne sait pas vraiment ce qu’elle veut mais elle commence à sentir ce qu’elle ne veut pas. La dissonance enfle, l’oppresse, l’étouffe. Les chemins qu’on lui montre sont comme autant de murs. La pression parentale à la sauce « passe ton bac et fais des études bien propres » l’éloigne, la décroche, fait céder des illusions et tendent à créer une brèche. La corde craque un peu plus quand la rupture d’amitié avec Maelys s’enflamme : Roxanne ne s’y retrouve pas dans ce combat. Roxanne ne peut plus suivre, lâche le groupe, se sort du bastringue d’hyper-instagrammisation que son ancienne BFF met en place pour soutenir les actions #youthforclimat

Un masque en moins, des milliers de pensées en prime…Jackpot !

Des jours et des jours de dissociation pour revenir brutalement « dans ses pompes » le jour où, lors d’une énième errance, Roxanne découvre une corneille blessée dans le parc. De l’apathie à l’action, parfois ça ne prend que quelques secondes. Tout faire pour sauver l’oiseau, et voilà que Charlotte Bousquet déroute la lectrice que je suis : exit pour un temps l’écologie, l’introversion malsaine : en avant les ressources pour sauver un oiseau – commun – nuisible paraît-il (WTF??) . Une consultation vétérinaire plus tard, des heures de recherche sur le net pour être certaine de bien s’y prendre et la corneille baptisée Raven commence sa convalescence dans la chambre de Roxanne.

Le corbeau thérapeutique : je ne connaissais pas mais visiblement ça marche. Roxanne dessine Raven. Roxanne dessine comme on respire, par nécessité. Roxanne se réveille, s’implique, se révolte, commence à entrevoir une troisième voie que celle du redoublement ou de la fac dont elle se fiche éperdument. Roxanne s’offusque de la décision municipale de « réguler la population de corvidés »…traduction :  les dézinguer, les tuer parce que…ben c’est nuisible. C’est suffisant comme argument. Nuisible = bon à dégager. Et bim, orientation animaliste du roman. Est-ce que détruire est la seule réponse que l’humanité peut trouver ? (vous avez quatre heures, ça tombe bien, le jour de régulation est prévue le jour de l’épreuve de philo…).

Aller à la rencontre de soi est un chemin que personne ne fait de la même façon. Pour certains ça semble linéaire, évident, écrit d’avance et y a qu’à suivre. Pour d’autres c’est plus nébuleux, sinueux voire complètement opaque. Qu’on soit au pied de la montagne ou au fond du tunnel, ça peut paraître infranchissable. Et quand les injonctions parentales s’y mettent, que faire ? Quand on entrevoit notre vibration profonde, faut-il prendre le risque de l’éteindre pour ne pas risquer de défausser notre image aux yeux des autres ?

MAIS au fait : et si on laissait de côté un instant le regard des autres pour se concentrer sur le seul qui importe : le nôtre. Où se cache-t-il ? Qu’il se montre ce beau et grand JE !

Ou alors une petite nuance : ne prendre que les regards qui nous surprennent, qui nous révèlent à nous-même…Bravo Nadir et Juliette, d’avoir senti, d’avoir compris, d’avoir cru en Roxanne, en la potentialité de ses ailes alors même qu’elle soigne celle blessée d’une corneille. La discussion des parents entre eux sur leurs « rêves » de jeunesse est édifiante…est-ce qu’elle suffira ?

Merci Al et R pour votre consensus en terminale : Oh…on te verrait trop bien /dans le métier que vous savez/ alors que je ne voyais qu’une montagne infranchissable en lieu et place de mon avenir….ah…petite nostalgie…

L’air de rien, Une fille dans la foule agite, réveille, secoue, bouscule…et m’a émue (forcément, surtout page 225 où ça a commencé à couler…un jour je raconterai comment j’ai sauvé une mésange, un peu de la même manière, avec les conseils du référent LPO de mon secteur…mais je m’égare..). L’autrice oriente vers l’écologie, interroge les prises de positions politiques et répressives, expose les manipulations des médias, met le cap sur la question fondamentale « qui suis-je ? » flanquée de sa jumelle « qu’est-ce que je veux ? », bifurque vers la cause animale…tout est lié, relié, connecté, réseau-sociauté. Les ados s’engagent, parviennent à drainer du monde dans leur sillage. Charlotte Bousquet engage, à différents niveaux, différentes problématiques : choisir son avenir, sa façon personnelle d’être citoyen, et comment assumer tout cela.

Cerises sur le roman : les dessins de Charlotte Bousquet-Roxanne tout au long des pages ! De l’esquisse « pour passer le temps » en cours aux corbeaux croqués dans le parc, des portraits à l’envol final, ils disent aussi là où les mots trouvent leurs limites.

Mon petit doigt me dit qu’on a tous croisé l’un des ados présents dans ce roman. Peut-être même qu’on pourra se reconnaître dans certains traits. J’en retiendrai qu’à tout âge, ce qui importe ce sont nos choix, nos engagements ou non-engagements, décidés dans le respect et la bienveillance de notre propre regard (ma meilleure amie, ma BFF, c’est moi !).

Bonne lecture à tous et Hashtag les-corbeaux-sont-nos-amis !

M comme la mer

Joanna Concejo

Éditions Format

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé la mer.

Je la porte dans mon cœur, dans mon âme. Je ne suis jamais aussi apaisée et ressourcée que quand je suis au bord de l’océan.

Mes maux semblent s’y diluer.

Énergie et espoir m’emplissent, me nourrissent telle la marée haute. Mes pieds plongés dans l’eau, même glacée, sont ancrés comme nulle part ailleurs.

Lire…surtout avec la musique du ressac !

Alors que dire, alors que je plonge dans cet album qui réveille via mes oreilles les émotions que Baudelaire puis Rimbaud ont suscité avec leur poésie, jadis, à l’école…

D’abord avec le si célèbre l’Homme et la mer :

Homme libre toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer (…)

Puis avec L’éternité :

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil. (…)

Je croyais que tout était dit et puis vint cet ouvrage…et puis vinrent Joanna Concejo et Margot Carlier, les éditions Format. Quand je l’ai tenu en main, le temps s’est suspendu un instant, comme lorsqu’en voiture je guette ce moment où la grande bleue va apparaître.

Immersion progressive…

Des photos accueillent le lecteur, superposées, souvenirs heureux. M arrive.

Ce matin n’est pas le sien.

C’est un matin sans…

Ça arrive.

Il est chagrin, irrité, mélancolique. Les lieux suscitent les souvenirs de promenades avec son grand-père. Qu’est-il devenu ce jouet enterré un jour dans le sable ?

Se pourrait-il que de l’autre côté il se trouve un autre « comme lui » ?

Avec la brise marine, les mots s’envolent et la voix de se perdre, emportée jusqu’où ? L’enfant s’interroge : quel peut-être le quotidien de cet autre : ressemble-t-il au sien ?

La mer c’est le passé, les photos d’enfance comme témoins de la douceur d’une main passée dans les cheveux…faire signe, se retourner sur un cliché.

La mer, c’est le présent, mouvement perpétuel depuis la nuit des temps qui accueille les cailloux jetés comme les confidences, avec la même constance. C’est construire, créer, et devoir recommencer après chaque marée !

La mer, c’est le lendemain annoncé par le scintillement des vagues au soleil couchant.

La mer, c’est la rencontre du présent avec l’origine de toute vie. Regardez bien, les creux de vagues laissent entrevoir un peu du trésor abrité par ce bleu teinté de noir et d’écume.  

L’eau qui dort…

C’est là que tout commence et tout fini. Sur la plage il y a ces petits trésors : morceaux d’algues, de coquillages, devenant tour à tour éléments du château de sable ou souvenirs précieusement conservés dans une boîte.

Les miens, mes petits trésors autour de celui du livre…

J’ai la gorge serrée par l’émotion et mes yeux s’embuent quand je contemple M, baignant sur une serviette qui réunit toute chose vivante. Simple est l’abolition des frontières, surprenante est la redécouverte des liens absolus entre toute chose animale et végétale.

A l’heure où elle est si malmenée par une partie de l’humanité, je vous sais gré, Joanna Concejo, de nous offrir ce cadeau. Vos mots se font écho de la filiation, qui fait que de la « mer » à la « mère », le pas est si petit à faire. Il ne reste qu’à contempler les illustrations, comme on le ferait depuis la plage ou en surplombant la falaise, ces illustrations qui nourrissent ma fascination presque comme « si j’y étais ». C’est sobre, authentique, lumineux, captivant. C’est rétro et réel, entre l’éternité de Rimbaud et l’instant présent. Photos ou pleines pages pour accueillir ce que chacun voudra y rencontrer, le miroir de Baudelaire, nos abîmes personnelles ou l’irrésistible appel du large !

Je vis dans le Grand Est, beaucoup trop loin de l’océan à mon goût. Incroyable, c’est comme s’il s’était soudain rapproché. Il me manque toujours, mais je n’ai qu’à parcourir ces pages pour soudain le retrouver.

Alors l’équipe des éditions Format, à Élisabeth T, à l’autrice, à la traductrice, et à ceux et celles qui ont pu me voir dans ces moments de transe totale que me procurent les embruns et le vent du large : du fond du cœur : MER-ci … !!!

M sera bien accompagné !

Petite

Anne Cortey et Audrey Calleja

A pas de loups

Grandir…vaste programme !

Ça peut sembler trop grand, trop loin, trop haut, trop difficile.

Qui n’a jamais douté de soi ?

Pourquoi se préoccuper de grandir quand on peut voir le jardin animé de la vie des fleurs et des fourmis juste en levant la tête ? C’est le printemps, les bourgeons s’apprêtent à éclore. La curiosité pousse la fillette à partir en exploration. Après le repos, l’action : un pied devant l’autre et les yeux en l’air.

La fourmi interroge tout haut : « Pourquoi es-tu si petite ? »

Un temps d’hésitation, de tristesse : les choses devront évoluer…l’enfant devra grandir, suivre son chemin dans le jardin. Parfois il y fait noir et on y croise des yeux cachés par les ombres et un lapin blanc.

Oh : un lapin blanc !

Le corps trace, bouge ses lignes, modifie les contours du tunnel. Elle ne sait pas vraiment où tout cela conduit. A vue de nez, il faut continuer car l’immobilité n’est pas une option. Heureusement, la fourmi veille, fait la courte échelle même !

Puis tout s’éclaire. Il y en a du monde présent ici-bas. Des autres, des êtres différents, des petits, des à poils ou à écailles : que d’animation toutes ces créatures en mouvement. Elles semblent savoir où elles vont. L’enfant a grandi mais elle n’est pas encore arrivée. Enfin elle trouve ce qu’elle cherchait, mais des nœuds l’empêchent de se réaliser. Comme ils sont durs à défaire. L’amie fourmi encourage quand le doute envahit l’enfant. Une aide providentielle arrive par l’araignée, grande experte en dénouage de fils entremêlés. Parce qu’il ne faudrait pas rater le bon moment, celui de l’envol.

Oh regardez : la chrysalide a laissé place au papillon. Ailes déployées, il les accompagne un temps puis s’en va butiner quelque fleur de son côté.

Évidemment, étant passionnée d’Alice je ne résiste pas à cette enfant en bleu , et à ce lapin qui apparaît et disparaît…comme par hasard ?

Les amarres sont larguées, la jeune fille a suffisament profité du sol : elle peut voir au-delà de l’horizon, plus loin qu’elle n’aurait jamais pu l’imaginer…Le monde n’attend qu’elle.

Voici un bien joli chemin de vie, avec ce qu’il comporte d’inconfort, de doutes, d’adaptations, d’apprentissages. Au début les choses sont au présent : ainsi, telles quelles. Il est subtil ce moment où l’enfant s’inscrit comme être de conscience, de lui d’abord puis des enjeux que grandir sous-entend. Il y a la perception de l’environnement qui change, le corps ensuite. Il faut mobiliser toutes les ressources d’énergie possibles pour progresser. Cela demande des efforts, c’est ardu, décourageant.

Heureusement quand il le faut, il y a toujours une présence discrètement fidèle pour aider.

C’est vrai que grandir présente de multiples facettes. Biologiquement le corps se débrouille. Le reste implique un guidage, une présence qui en bienveillance saura veiller à ce que tout se passe sans danger. Fourmi et Araignée n’usent pas d’injonction. Je suis sensible au fait de les voir suivre en étayant seulement quand c’est nécessaire.

Anne Cortey nous emmène à la rencontre d’un parcours, initiatique d’abord puis tremplin. L’empreinte sensorielle est prégnante et tout se réveille à mesure que je lis : ma fascination d’enfant pour les escargots et les vers de terre, les pétales de roses que je ramassais (espérant pouvoir fabriquer du parfum), mes genoux écorchés suite à une chute de vélo, l’adolescence et ses doutes étouffants quant au futur, les paroles réconfortantes d’une amie un jour de grande incertitude…

Et l’étonnement positif quand je me retourne sur chemin parcouru !

Ce jardin, vivant, accueillant, bienveillant nous est offert par Audrey Calleja. Tout y est léger, des traits colorés animent la page blanche et l’on sentirait presque une douce brise se faufiler jusqu’au lecteur. Aucun nuage, si gris soit-il ne peut s’y fixer. Imperceptiblement et sûrement, les illustrations sèment des graines de confiance…en soi !

Vient le jour où on se détache du sol pour prendre de la hauteur, « prendre son envol ». Cet envol qui est à la fois un aboutissement et un commencement. Maintenant que les pieds sont stables, que les bases sont en place c’est le moment d’être curieuse, de chanter sous la douche ou à la fenêtre (ou ailleurs) et de laisser l’esprit voguer vers ailleurs…Quel bonheur !

Screute cherche Scroute

Swann Meralli et Pizar

Albin Michel jeunesse

Screute mon cher Screute ne vois-tu rien venir ???

Défi articulatoire en perspective : j’espère que vous n’avez aucun problème pour enchaîner les syllabes bi voire tri-consonantiques car le texte sonne, craque, virevolte et croustille sous la langue : un vrai délice !

Sous la forme d’un conte randonnée, l’histoire nous conduit dans la forêt des Krouktes où Screute le Gröte cherche son Scroute. Car Scroute est parti : il a quitté le jardin et cela n’était JAMAIS arrivé. Alors Screute le Gröte a de quoi être inquiet.  Ce grand gaillard de viking aux augustes moustaches rousses et aux biscottos saillants se met en route et sur celle-ci, il croise d’abord Marion le grand coiffeur de lions. Ce dernier affirme avoir vu le Scroute de Screute. Sur le dos de ce bellâtre de lion qui le vaut bien, les voilà partis chercher le Scroute mais pas de chance, Marion conduit Screute près d’une route…Oups…Raté !

Sur un tracteur pétaradant Screute rencontre ensuite Bigueuleu, qui beugle qu’il a vu le Scroute…

Encore raté. Confondre un Scroute avec une crotte, on n’a pas idée ! Screute commence à s’échauffer car avec tout ça, son Scroute reste introuvable. Et ce n’est pas grâce à Beutchkassido que le schmilblick va avancer. Quoi que, avec un scoot on avance toujours plus vite qu’à pied.

Screute finira par trouver l’amour (qu’il ne cherchait pas !) et ENFIN, ENFIN il retrouvera son Scroute. Mais au fait, c’est quoi un Scroute ? (je vous préviens, rien à voir avec le scroutt à pétard d’Hagrid à Poudlard).

Alors franchement, quelle rigolade cet album. Vous commencerez par quoi ? Par les jeux de mots rigolos – par les confusions à foison – par les clins d’œil saupoudrés par l’illustrateur au fil de l’histoire ? Gare au rire, il est quasiment impossible d’y résister. Tranche d’humour en barre, avec Swann Meralli, l’archiduchesse et ses chaussettes ont du souci à se faire. Tonton qui tousse ira soigner sa toux avec le chasseur sans son chien car en terme de virelangue, c’est du haut vol. Pour moi qui suis orthophoniste, j’ai essuyé quelques plâtres notamment avec le nom de la paléontologue qui est particulièrement terrible à prononcer !

La richesse absolue de cette histoire, c’est ce texte truffé d’allitérations alors : à vos cordes vocales et points d’articulation : échauffement, une deux une deux une deux, on étire les zygomatiques, on détend les masséters, on mâchouille éventuellement un ou deux chewing-gums, on chauffe le larynx pour attraper un accent de Wisigoth (ou un autre si cet accent ne vous inspire pas…). Le premier qui se trompe aura un gage !

Côté illustrations, j’adore le côté international dans lequel nous promène Pizar. Elle est sacrément grande cette forêt des Krouktes : gare aux cactus juste avant d’arriver à la grotte de Lescroute (toute ressemblance avec une grotte existante serait fortuite je suppose…) ! Côté couleurs ça claque, c’est gai, c’est sonnant, détonnant et ça accompagne superbement le caractère farfelu des interlocuteurs de Screute.

Ouvrir Screute cherche Scroute, c’est partir pour une randonnée contée dans laquelle il faut être bien chaussé et en avant les surprises et les rires. Vous l’aurez compris, j’ai complètement craqué pour cet album addictif, joyeusement foldingue et désopilant à gogo.

Hey Scroute, si l’envie te prenait de prendre à nouveau la poudre d’escampette, n’oublie surtout pas de me prévenir !

A quoi ça sert?

Sandrine Frigout et Fanny Fage

Le Grand Jardin

Parce qu’on a tous nos jours avec et nos jours sans…

Parce que parfois ça peut ne pas aller et il n’y a pas de raison particulière…

Parce que c’est normal qu’un jour l’enfant cherche à se rebiffer contre les règles des adultes…

Lily s’est levée du mauvais pied.

Elle traîne, rêvasse, ronchonne, bougonne, questionne :

Tout y passe : le pourquoi du comment il faut se laver, ranger sa chambre, faire la sieste…tout ce qui compose le quotidien d’un enfant.

Les réponses se veulent sensibles, magiques : parfait pour désamorcer les bouderies de l’enfant. Chacun y va de son petit argument : du chat aux moutons en passant par l’araignée du placard. Les perspectives sont amusantes, charmantes, inspirantes : qu’est-ce que j’aimerais moi aussi m’envoler jusqu’aux nuages quand je sors en promenade !

« A quoi ça sert ? » présente une Lily universelle : qui pourrait affirmer ne pas avoir un jour été dans cet état d’esprit ? Pour s’évader de ce réel très concret, les réponses prennent de la hauteur, tout devient perspective à imagination : le nuage à idées grises est tenu en laisse, les gâteaux ont des petites jambes et des fleurs poussent sur les pages du carnet à dessin. Fanny Fage nous promène dans des illustrations emplies de douceur qui font merveilleusement écho aux mots de Sandrine Frigout.

Personne ne cherche à fournir une réponse cartésienne. A aucun moment la mauvaise humeur de la fillette ne sera réprimandée. D’ailleurs à quoi cela servirait-il, si ce n’est à faire flamber l’opposition ? Le négativisme exprimé ne trouvera sur son chemin des explications poétiquement bienveillantes.

Le mot de la fin reviendra à Lily, quand après toutes les réponses qu’ils lui ont données, ses amis la questionnent à leur tour sur une question d’importance : « A quoi ça sert une histoire ? »

Je vous laisse songer à votre propre réponse. De mon côté je vais réfléchir à des réponses poétiques sur le pourquoi des petits tracas de la vie !

  • (à quoi ça sert de se laver les mains ? C’est pour avoir toujours de la place pour dessiner dessus, j’en suis sûre !)
  • (Pourquoi une question sur le lavage de mains…je me le demande bien ! )

Le conte de Sidi

Annick Combier et Bénédicte Nemo

Éditions Cépages

Sidi n’a pas appris à lire.

Sidi rêve de lire….

Sidi quitte un jour son village au cœur de la Mauritanie. Il y laisse Fatou la griotte, sa grand-mère. Il espère en la ville la promesse d’un avenir différent. Nouakchott la capitale du pays se révèle débordante, bruyante, impressionnante. A peine descendu du taxi, le destin place un jeune garçon en fauteuil roulant sur son chemin : Sidaty. Compagnon providentiel, avec lui Sidi découvre la ville, trouve des petits boulots et du réconfort quand le doute l’étreint.

La vie se déroule au rythme de rencontres. Sidaty lui présente Jean-Jacques et sa famille. Dans leur fraîche spontanéité, Myriam et Olivier les enfants questionnent Sidi sur sa vie. Sidi raconte son village, Fatou sa grand-mère et les contes dont il a été bercé. Avides d’histoires, les enfants attendent que Sidi raconte…et Sidi raconte !

Visite après visite, profitant de la bienveillance de la famille toubab, Sidi raconte comme sa grand-mère le faisait au village. Les récits de tradition orale animent la curiosité et l’imagination des enfants. Un jour la petite Myriam tend un livre à Sidi. Elle voudrait qu’il lui lise une histoire. Sidi, embarrassé, tente une pirouette en encourageant la fillette à lire elle-même. La ruse ne prend pas et Sidi – qui ne sait pas lire – donne le change en inventant un récit à partir des images.

Parfois on oublie que sur notre planète, tous les enfants n’ont pas accès à l’apprentissage de la lecture.

Parfois j’oublie que je suis née dans un pays qui m’a offert cela.

Parfois j’oublie que le bonheur que je trouve dans la lecture n’est pas accessible à tous.

Parfois j’oublie que certains auraient terriblement envie d’apprendre à lire et qu’ils ne le pourront peut-être pas…

Si le soulagement envahit Sidi à la fin du livre, il est de courte durée. Le garçon cogite, gamberge. Sa grand-mère serait de bon conseil. Sidi reprend le taxi-brousse. Quand il arrive, la joie les étreint Fatou et lui. Au village le temps semble suspendu. Au cœur de ses racines, Sidi vient chercher les encouragements qui lui manquaient : Fatou approuve et plus encore l’envie d’apprendre à lire de son petit-fils. L’importance de la filiation est souligné sans qu’il rime avec limite, bien au contraire ! Rassuré et gonflé à bloc, Sidi repart vers la ville. En chemin un songe le prend, un message lui est délivré : on peut apprendre sans oublier d’où on vient.

Quelle merveilleuse illustration !!!

Choisir sa vie n’implique pas forcément de renoncer. Un monde s’ouvre à Sidi, cependant il est riche de tout ce qu’il sait déjà. La tradition orale ne démérite pas devant l’écrit. Les griots et griottes sont les gardiens des mémoires et des passeurs, traits d’union entre passé et présent. Ce seront toujours les mots qui feront vivre les histoires.

De retour à la capitale, Sidi rassemble son courage et demande de l’aide à Jean-Jacques. Toute la famille s’implique, l’épaule, le rassure. En quelques mois, la soif de lire s’étanche avec tous les ouvrages que le garçon ouvre. Vient ce soir au village où Sidi le griot raconte, sous les yeux admiratifs de ses amis et de Fatou. Le feu brille dans la nuit et tous n’ont d’oreilles que pour lui. Si pour le lecteur le livre s’achève, pour Sidi, l’histoire continue…et j’espère qu’il a pu réaliser tous ses autres rêves.

Je prends une leçon d’humilité avec Annick Combier, qui nous transmet par l’écrit cette tranche de vie. Cet album c’est un billet pour plusieurs « ailleurs ». Le voyage en Mauritanie est sensoriel, auditif et linguistique : quel dépaysement !

Côté illustrations, Bénédicte Némo nous embarque complétement dans les différentes strates de cette histoire à tiroirs. Nous voyageons à travers la Mauritanie, de jour ou de nuit, nous plongeons dans les images nées des contes : représentations réelles et imaginaires s’alternent dans une palette de couleurs éclatantes.

Je mesure ma chance. La gratitude pointe pour tous les merveilleux magiciens des mots qui ont donné naissance aux histoires qui me passionnent, me transportent, m’émeuvent ou me font rire !

Le petit plus du conte de Sidi est que cette histoire est vraie !

Si tu avances

Cathy Ytak

Nathan

Lecture du dimanche matin, en bonne compagnie ronronnante.

Il me faut bien ça pour accompagner le flot d’émotions que je traverse quasiment à chaque fois que je lis Cathy Ytak.

Cette lecture n’a pas fait exception.

Qui se rappelle de ses premiers émois amoureux, ces premiers fantasmes que l’on dissimule avec une grande habileté aux yeux du monde quand on a à peine confiance en soi ?

Qui a ressenti les tourments de l’adolescence version « qui suis-je ? »

Katja est en plein dedans.

Récit au présent, on la suit dans les préparatifs de son départ sur un chantier d’été. Pour suivre Quentin, le beau Quentin, fils du patron de son père et objet de tous ses fantasmes, elle est prête à tout, même à passer trois semaines dans le sud de la France à apprendre comment reconstruire des murets en pierre sèche. Évidemment vous voyez venir le truc, et je vais l’écrire cash : Quentin s’en tamponne de Katja. Et le mec un tantinet imbu de lui-même, loin de la repousser subtilement, en profite pour la raplatir, la juger sur son physique, la mettre plus bas que terre…

Quentin 1, Katja moins 40.

Hum, ça me rappelle moi qui partait en colonie « sportive » alors que je ne l’étais pas…

Le problème quand on se berce d’illusions, c’est que le réveil fait mal, très mal. Trop mal. Voilà Katja en mode cerveau limbique sur-activé. Elle court droit devant dans la montagne pour en finir, arrêter la douleur, sauter dans le vide, accélérer et…c’est raté ! Dans la caillasse de cette pente qu’elle pensait être un ravin, elle tombe et la douleur ressentie lui fait reprendre contact avec son corps. Sa conscience se remet en marche. La réalité la frappe : après le choc émotionnel, la souffrance de son corps. Puis les flots d’adrénaline qui se déversent pour « remonter la pente ». Au sens propre cela lui prendra quelques minutes d’acharnement, à ancrer ses pieds dans la terre, à agripper buissons et rochers.

Après la fuite, la lutte…pour vivre !

Les jours passent. Au sens figuré, Katja peine à « remonter la pente ». Pour anesthésier les pensées qui s’entrechoquent dans sa tête, elle s’abandonne au travail, aux seaux à porter, aux murets à reconstruire. Un traumatisme est là : le choc a posteriori de son geste fou et désespéré. Katja reconsidère sa vie avec un nouveau regard. Elle identifie ses illusions, se prend en pleine tronche la conscience de ce masque qu’elle a fabriqué pour se couler dans ce foutu moule sociétal. Dévalorisation, descente lente aux enfers du dénigrement. Il n’est pire ennemi que soi-même…Pourtant, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Progressivement Katja trouve une place dans cette équipe, elle se rencontre elle-même, se découvre capable, valable. On lui tend la main. Amiel trouve la faille et les mots qui permettront aux larmes de purger ce chagrin, ce sable mouvant dans lequel elle s’enfonçait lentement. Katja découvre qu’elle n’est pas seule, que des amitiés sont nées, simplement, sûrement, sans faux semblants.

A courir après un mirage, on risque de ne trouver que du sable. Voilà la douloureuse expérience de cette adolescente en quête d’elle-même. Le hic c’est de chercher dans le regard des autres cette valeur qu’on n’ose pas se donner. Quentin catalysait bien des espoirs. Il était cette échappée du réel à laquelle Katja s’accrochait pour ne pas regarder de manière trop frontale sa vie dissociée depuis le divorce parental et les conflits livrés avec. Il était beau ce film qu’elle avait fabriqué sans douter de lui. La chute est à la mesure de la hauteur des illusions. Le désespoir progresse comme une bombe atomique, détruisant tout. Quand la machine émotionnelle s’emballe, il n’est plus question de raisonner. Dissociation, fuite et mauvaise décision. Ils sont légion les ados qui se suicident pour cause de chagrin d’amour ou mal de vivre. Le paysage est obscurci au point de ne plus laisser entrevoir la moindre étincelle de lumière.

Écriture incisive, le crescendo dramatique déferle et Cathy Ytak de jouer avec les niveaux de tension. Le paroxysme est-il atteint dans la chute ? Katja ne semble pas tirée d’affaire…Après le geste fou, la sournoiserie est tapie dans l’esprit. A quel bouleversement pourrait-elle se heurter encore ?

Les balanciers émotionnels sont traîtres.  Ils prennent le pas sur la raison, laquelle accuse sévèrement le coup quand enfin elle se remet en branle. Si les mots tuent, ils peuvent aussi guérir (gai rire…tien tien…le fou rire du retour à la vie…douloureux et vital…intéressant n’est-ce pas ? ). En se confiant, en parlant, on fait sortir, on met à distance. On ne défendra jamais assez, je pense, le pouvoir des mots et de l’écoute bienveillante.

Dans ce roman se côtoient la mort et la vie : l’une qui détruit, l’autre qui appelle à être construite. A l’instar des murets que l’on redresse avec les pierres qui sont à disposition, on peut donner à sa vie l’orientation que l’on souhaite. Dans ce roman, je perçois une incitation forte à choisir, à prendre en main, à bâtir, à reconstruire si besoin…

Y a plus qu’à !

Merci Cathy, pour écrire ce qui bouscule avec cette percutante sensibilité.  

Avancer, oui, continuer. Vivre c’est chuter, morfler, rire, pleurer, se laisser surprendre. « Si tu avances »…trois mots pour tant de possibles à la suite.

Ça tombe bien, en ce moment j’ai des travaux qui m’attendent et d’autres articles qui mijotent…

Ugo, tu rêves?

Pierre Coran et Nathalie Paulhiac

A pas de loups

Hommage aux rêveurs, ode à l’imagination !

Ouvrons le livre, et suivons Ugo au fil d’une journée incroyable.

Ugo c’est l’enfant magicien. Il fait de l’ordinaire du quotidien une création sans fin. A peine levé il devient oiseau, il s’envole jusqu’au lavabo-lac. Devenu caméléon, il rejoint la gare du petit déjeuner mais il faut se dépêcher, le bus – pardon le bateau- pour l’école va passer.  C’est ainsi à l’école, à la cantine, à la bibliothèque, dans la cour de récréation.

Autour d’Ugo, les adultes s’étonnent, veillent, surveillent, et souvent le questionnent en rhétorique « Ugo, tu rêves ? ».  Sans être rabats-joies, ils accueillent cette imagination. Leur accompagnement bienveillant se veut recentrant quand par moment, l’enfant part un peu loin et risque de rater le bus, ou qu’il répand de la soupe plein la table…

Pour Ugo, le plus important est que ce monde de possibles qu’il invente, il espère en la naissance prochaine de sa petite sœur pour l’enrichir. A deux, on va plus loin…donc il faut qu’il le creuse et l’achève ce tunnel sous la mer ! Et sous le regard bienveillant de Maman Ballon et Papa Nombril, il se remet au travail.

Parce que peut-être, parfois, la vie rime un peu beaucoup avec train-train quotidien, c’est réconfortant de songer que ça peut être facile de la transformer. Pierre Coran nous montre combien c’est simple, si simple que c’est étonnant, déroutant et tellement amusant !

Catalyseur de confiance en soi, l’imagination est une formidable clé de vie. On constate bien qu’Ugo n’est entravé d’aucune limite ou injonction personnelle. Point de censure mais des autorisations, et même une suggestion des plus importantes que lui murmure une fée : « Continue de rêver !».

Passerelle merveilleuse des histoires…

Cet album en grand format abrite un passeport incroyable : celui de rêver, de créer, d’enchanter le quotidien. L’ordinaire devient extraordinaire, le bus est un marsouin qui ronfle, le savon est sous-marin, le ballon sera la Lune et l’enfant un kangourou qui aspire à la décrocher…de son panier. Les illustrations de Nathalie Paulhiac se prêtent à merveille à l’exploration de cette journée qui tresse un pont entre réel et imagination. La richesse graphique qui se niche dans cet album est un rallumeur d’étoiles dans les yeux.

Et puis tien, ça me donne envie de voir si je sais encore faire des bateaux en papier !

A partager en famille de 4 à 104 ans !

ATCHOUB !

Matthieu Maudet

L’école des loisirs

Avant d’ouvrir ce livre, je vous conseille un masque et un bon lavage de mains !

Si vous êtes hypocondriaque, passez votre tour…

Martin se réveille très très enrhumé !

Un liquide jaune très suspect sort de son nez…

Rien n’y fait : se moucher à fond, enfiler un doigt dans une narine…Son nez reste bouché !

C’était vraiment pas une bonne idée d’avoir joué sous la pluie hier…sa maman l’avait pourtant mis en garde. Et les mamans, ça a toujours raison. Martin acquiesce. Mais dehors il neige et les copains sont en train de fabriquer un bonhomme de neige. Martin va-t-il être raisonnable et rester bien au chaud ? Rien n’est moins sûr…

Nul doute que les petits trouveront extrêmement sympathique ce petit bonhomme avec son nez à triple narines et sa queue poilue. La fatigue du rhume ne tiendra pas longtemps devant l’appel de la neige et des camarades. Être sage…rester au chaud :  Martin verra plus tard ! Quant aux microbes, c’est tellement drôle de les partager avec les autres… Si vous cherchiez comment expliquer la contagiosité aux enfants, vous avez ici de quoi le faire !

Avec des dialogues courts, un décor ancré dans le quotidien avec simplicité et un petit format aux couleurs vives, cet album de Matthieu Maudet parlera à tous. Cette histoire est dégoûteusement délicieuse à raconter ! La richesse de ce texte se savoure à haute voix, pour peu qu’on soit à l’aise avec un nasonnement carabiné. Succès garanti avec les enfants de maternelle, et même avec les plus grands. Quant aux parents, pour ce que j’ai pu constater, ils oscillent entre consternation et fou rire !

Moralité : les parents ont toujours raison quand ils insistent sur la nécessité de s’habiller chaudement (même si ce n’est qu’après coup que les enfants sont en mesure d’apprécier la justesse du conseil).

Et si on s’interrogeait sur la capacité des enfants à récupérer rapidement de l’énergie, le doute n’est plus permis !

A partager en famille à partir de 2 ans et demi !

Et pour ce qui concerne l’actualité très « rhumo-phobique », l’auteur s’est permis une dédicace…de circonstance :